Nîmes : l'avocat des femmes interpellées lors de la venue de Bardella s'exprime
Nîmes : avocat des femmes interpellées lors de la venue de Bardella

Placées en garde à vue pendant moins de 24 heures, les deux femmes interpellées pour avoir brandi une banderole anti-Bardella lors de sa venue à Nîmes ont été relâchées ce lundi 3 novembre en fin de journée. Leur avocat, Me Abdelghani Merah, revient sur cette affaire.

Une décision logique selon l'avocat

« Pour moi, c’était une décision logique de les remettre en liberté », assure Me Abdelghani Merah, qui représentait l’une des deux femmes. Ces dernières avaient brandi une banderole sur laquelle était inscrit « Bardella, casse-toi » lors de la venue du président du Rassemblement national à Nîmes, le 2 novembre dernier. Après presque une journée de garde à vue, elles ont été relâchées.

Des faits contestés

Si dans un premier temps, le classement sans suite a été évoqué, Cécile Gensac, la procureure de Nîmes, a affirmé que le dossier était actuellement à l’étude au parquet de Nîmes. Me Merah précise : « Le classement sans suite n’est pas une décision définitive, ni une décision de relaxe. Elles peuvent être relâchées avec un classement sans suite et le parquet, de son côté, peut décider de les poursuivre. »

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Toutefois, pour l’avocat, les faits reprochés à sa cliente et à son amie ne sont pas justifiés. « Il leur est reproché l’organisation d’une manifestation non déclarée, sauf que cela sous-entend un rassemblement d’un groupe de personnes sur la voie publique, ce qui ne tient pas car elles étaient dans un lieu public et non sur la voie publique », poursuit-il. Cette qualification est punie d’une peine de six mois d’emprisonnement.

La seule infraction possible : l'injure

« La seule chose qui pourrait être reprochée à ma cliente est l’injure », estime Me Merah. Mais sur ce point, le parquet de Nîmes n’a aucune compétence pour poursuivre. Il faudrait qu’il y ait une plainte de Jordan Bardella en personne, puisque c’est lui qui était visé. « Plainte qui, à ma connaissance, n’a pas été déposée », ajoute-t-il.

Pour l’avocat, la qualification retenue pour le placement en garde à vue de sa cliente et de son amie trouve sa justification dans la volonté de les éloigner du lieu de dédicace, afin d’éviter tout risque de débordement. « Jordan Bardella est un personnage politique important aujourd’hui, donc pour mettre un terme au trouble qu’elles ont causé par cette banderole, ils ont décidé de les placer en garde à vue pour éviter qu’elles reviennent par un autre moyen perturber la dédicace de son livre », souligne-t-il.

Il conclut : « C’est maintenant au parquet de Nîmes de décider des suites à donner à cette affaire. »

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