Onze enfants âgés de 4 à 9 ans ont perdu la vie ce mardi 3 juin 2025 dans l'effondrement d'un site d'extraction de sable dans l'État de Kaduna, au nord du Nigeria, a annoncé la police locale. Les enfants, qui fréquentaient une école islamique informelle, extrayaient du sable pour fabriquer des briques en terre cuite près du village de Yardoka, dans le district de Kubau.
Un drame évitable
Selon Mansir Hassan, porte-parole de la police de l'État de Kaduna, onze enfants sont morts sur le coup et sept autres ont été blessés. Ces derniers sont actuellement soignés à l'hôpital. Les corps des victimes ont été récupérés par les forces de l'ordre et des volontaires du village, puis enterrés le jour même.
Enquête en cours
Une enquête a été ouverte pour déterminer si les enfants étaient employés comme ouvriers, ce qui constituerait du travail de mineurs, a précisé M. Hassan. Cette pratique est interdite par la loi nigériane, mais reste courante dans les régions pauvres du nord du pays.
Le système almajiri en question
Les écoles coraniques informelles, appelées almajiri, sont très répandues dans le nord à majorité musulmane du Nigeria. Des enfants issus de familles démunies y sont envoyés pour apprendre le Coran. Souvent livrés à eux-mêmes, ils vivent dans des conditions précaires, mendient et effectuent de petits travaux pour survivre. Les tentatives des autorités et des organisations locales pour réformer ce système traditionnel se heurtent à une forte opposition des chefs religieux.
Des drames à répétition
Ce n'est pas la première fois que des enfants meurent dans des conditions tragiques dans ce type d'établissement. En février dernier, 17 élèves âgés de 10 à 16 ans ont péri et 17 autres ont été grièvement blessés dans l'incendie d'un internat coranique à Kauran Namoda, dans l'État voisin de Zamfara.
Ce nouveau drame relance le débat sur la protection des enfants et la régulation des écoles coraniques informelles au Nigeria.



