Un mois après la fusillade, un poste de police municipale inauguré
Le 11 mai 2026, une fusillade meurtrière a fait deux morts et six blessés dans le quartier des Moulins à Nice. Une semaine plus tard, le 18 mai, un poste de police municipale ouvrait place des Amaryllis, sous l'impulsion du maire Éric Ciotti. Un mois après, les habitants témoignent d'une présence policière qui rassure sans pour autant dissuader les trafiquants de drogue.
Des habitants partagés entre soulagement et scepticisme
Amra, une mère de famille bosniaque, décrit le sentiment général : « On les voit de temps en temps. En général, ils sont trois et marchent dans le quartier. Ils sont sympas d'ailleurs, ils parlent avec les gens. Ça fait de la présence policière, c'est toujours un plus. » Elle-même a échappé de justesse à la fusillade : « J'ai entendu les coups de feu, j'étais dans le hall de mon immeuble. Ça m'a glacé le sang. »
Mais elle doute de l'efficacité à long terme : « Est-ce que le tireur serait venu quand même pour tuer des gens s'il y avait déjà eu le poste de police municipale ? Je pense que oui. Ils font peur aux jeunes dealers, mais c'est tout. Pour les caïds, c'est pas dissuasif. »
Des effectifs réduits et une présence jugée insuffisante
Abdallah, un retraité habitué du quartier, se montre sceptique : « Je suis content pour la police aux Amaryllis, c'est bien, ça enquiquine les petits jeunes qui vendent la drogue. Mais je ne suis pas sûr qu'ils restent longtemps. Le poste n'est pas sécurisé du tout et il n'y a pas de caméras. Au début, ils étaient nombreux ; là, on les voit de moins en moins. » Il compare avec les agents privés recrutés par le bailleur social : « La milice, au début on la voyait, après elle a disparu. »
Son ami Karim renchérit : « On vit toujours dans la peur. J'ai peur que les autorités aient déjà oublié les derniers morts. »
Des mères de famille témoignent : un mieux, mais pas une solution
Près de la piscine, trois mères de famille observent un point de deal visible. L'une d'elles confie : « Je suis sûre qu'ils ne sont pas majeurs. On est un peu plus en sécurité quand on va sur la place des Amaryllis. » Mais une autre coupe : « Si le poste est vide, c'est comme s'il n'y avait rien. Et s'ils sont sortis, et que ça tire plus loin, c'est comme s'ils n'étaient pas là. » La première conclut : « Mais c'est mieux que rien quand même. »
Un constat amer : la police municipale ne peut pas tout
Le poste de police municipale n'a pas d'accueil du public, et les effectifs exacts restent flous pour des raisons de sécurité. Les habitants des Moulins, usés par le narcotrafic, voient cette installation comme une mesure bienvenue mais insuffisante face à la violence armée. Comme le résume Amra : « La police municipale de proximité peut perturber le petit deal, mais elle n'arrêtera pas les tueurs déterminés. »



