À Villeneuve-lès-Maguelone, Nathalie Tuberosa pensait vivre uniquement le chagrin de perdre son cheval. Elle s'est finalement retrouvée confrontée à une épreuve supplémentaire : attendre neuf jours avant que la dépouille de l'animal ne soit enlevée par le service d'équarrissage.
Un cheval euthanasié après une grave fracture
Léo, un cheval de 17 ans qu'elle avait recueilli il y a six mois pour lui offrir une retraite paisible, s'est brutalement fracturé une patte le 18 mai dernier. Le vétérinaire intervient rapidement mais le diagnostic est sans appel. "Il n'y avait aucune chance de le sauver. Dix minutes plus tard, il était euthanasié", raconte la propriétaire. Remis sur pied après être arrivé dans un état très dégradé, le cheval coulait des jours heureux aux côtés d'un jeune compagnon sur le terrain de Nathalie. "Je l'avais pris pour lui offrir une belle retraite. Je le gâtais, je lui donnais des pommes, des carottes."
Neuf jours d'attente en pleine chaleur
Dès le lendemain de l'euthanasie, la demande d'enlèvement est enregistrée auprès de l'entreprise chargée de l'équarrissage. Nathalie s'attend alors à une intervention rapide. Sur le site du prestataire, les délais annoncés sont de quelques jours. Pourtant, l'attente va durer plus d'une semaine. Les jours passent et la dépouille reste sur place, à proximité de son habitation. Pour Nathalie, la situation devient rapidement très difficile à vivre. "Chaque matin, je me réveillais avec cette vision. L'odeur devenait de plus en plus forte. Puis les mouches sont arrivées, ensuite les asticots." Originaire de Suisse, où sa famille possède des bovins et des chevaux, elle affirme n'avoir jamais été confrontée à une telle situation. "Quand un animal meurt ou doit être euthanasié, il est généralement pris en charge dans la journée ou le lendemain, notamment pour des raisons d'hygiène." Malgré ses appels et ses relances, aucune solution rapide n'est trouvée. "J'avais l'impression qu'on ne répondait plus à mes demandes."
Une situation humainement et sanitairement insoutenable
Lorsque le camion d'équarrissage intervient finalement neuf jours plus tard, l'état du corps est fortement dégradé par la chaleur. "Des morceaux se détachaient, il y avait des liquides biologiques et des asticots. C'était extrêmement choquant." La propriétaire explique également avoir dû nettoyer elle-même les bâches, couvertures et résidus laissés sur place après l'enlèvement. Une dernière épreuve qu'elle n'avait pas anticipée. Aujourd'hui, Nathalie Tuberosa ne cherche pas la polémique. Elle souhaite surtout attirer l'attention sur une problématique méconnue des propriétaires d'animaux. "Je comprends que les services puissent être débordés. Mais lorsqu'un cheval reste neuf jours en décomposition devant une habitation, en pleine chaleur, il y a forcément une réflexion à mener sur les délais de prise en charge." Au-delà de son témoignage, cette situation interroge sur les moyens dont disposent les services d'équarrissage pour répondre, dans des délais raisonnables, aux impératifs sanitaires mais aussi humains auxquels sont confrontés les propriétaires endeuillés.



