Le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, a tiré la sonnette d'alarme ce vendredi matin sur RTL concernant l'explosion de la narco-livraison à domicile dans la ville. Selon lui, « on a quasiment chaque semaine un dossier concernant de la narco livraison ».
Une violence débridée et des fusillades meurtrières
Les fusillades liées au narcotrafic se sont multipliées cette semaine en France, avec deux morts et six blessés lundi à Nice, puis un mort et deux blessés jeudi à Nantes. « On assiste à une violence débridée », a souligné le procureur, tout en affirmant que le « combat est difficile » mais que les autorités ne sont « pas dépassées ».
Le « tsunami blanc » de la cocaïne
Interrogé sur le « tsunami blanc » de la cocaïne, Damien Martinelli a estimé que « on est à la fois confronté à une production massive dans les pays producteurs, à des exportations et importations très fortes, et à une consommation en forte hausse » sur le territoire. Pour lutter contre ce trafic, la police et la justice continuent d'œuvrer « contre les points de deal », qui sont en « diminution », mais doivent aussi faire face à « une explosion de la narco-livraison », c'est-à-dire les livraisons à domicile de stupéfiants.
Le profil des livreurs : des femmes insérées
Une spécificité de la narco-livraison est qu'elle est pratiquée par « beaucoup de femmes », a pointé le procureur. Selon lui, les narcotrafiquants recherchent « la discrétion et la capacité à avoir des parcours de longue distance ». Une femme qui a « 12 points sur son permis » et qui est « insérée » est un profil « beaucoup plus intéressant » qu'un jeune homme « à scooter » ou avec un « sac à dos Uber Eats ».
La responsabilité des consommateurs pointée
Sur l'explosion de la consommation de cocaïne, le procureur de Nice a estimé qu'il y a « clairement une responsabilité » des consommateurs. C'est pourquoi, au quartier des Moulins, où ont eu lieu plusieurs fusillades liées au narcotrafic, « depuis le mois de novembre, j'ai fait le choix de refaire placer en garde à vue les consommateurs, ils sont interpellés et font l'objet d'une interdiction de paraître dans le quartier ». Par cette mesure, le magistrat veut faire passer un « message de sanction et de responsabilité ». « Venir acheter aux Moulins, ce n'est pas un acte anodin », a-t-il lancé, rappelant qu'une dizaine de personnes y ont perdu la vie ces derniers mois.



