Le conducteur qui a écrasé le cycliste Paul Varry en octobre 2024 à Paris devrait être jugé devant la cour d'assises. C'est la décision prise ce mardi par la magistrate chargée de l'instruction. Dans son ordonnance, elle met en accusation Ariel M. pour meurtre, estimant que ce père de famille de 53 ans avait bien l'intention de tuer le cycliste de 28 ans, boulevard Malesherbes, dans le VIIIe arrondissement de Paris. L'intéressé conteste toujours cette version.
Les faits du 15 octobre 2024
Ce jour-là, Ariel M., en retard pour emmener sa fille à un rendez-vous médical, avait emprunté la piste cyclable. Une altercation a éclaté entre les deux usagers. Selon sept témoins, Paul Varry s'est retrouvé le pied coincé sous la roue avant de la Mercedes. Il aurait alors frappé à plusieurs reprises sur le capot du véhicule. Le cycliste a ensuite mis pied à terre et s'est approché de la voiture, sur le bord gauche de la piste cyclable.
Des manœuvres intentionnelles
C'est à ce moment qu'Ariel M. a accéléré tout en tournant son volant en direction de Paul Varry. Le cycliste a été percuté puis écrasé par les deux roues gauche de la Mercedes. Pour la juge d'instruction, ces « manœuvres qui supposent plusieurs manipulations positives », effectuées « en dépit des alertes visuelles et sonores » et de la « présence de la victime dans [le] champ de vision » du conducteur, démontrent sa volonté de heurter la victime. « Il ne pouvait ignorer qu'en percutant puis en roulant » en accélérant sur le cycliste avec sa voiture de plus de deux tonnes, il « allait causer la mort du jeune homme », estime-t-elle.
La magistrate ajoute que la « majorité des témoins oculaires » ont eu « le sentiment », au regard de la « manière » dont le véhicule « a tourné ses roues puis brutalement foncé » vers la victime, que le conducteur avait agi « de manière intentionnelle ». Ces « analyses subjectives », multiples et concordantes, sont « corroborées par les éléments objectifs de la procédure ».
Réactions des parties
« Cette qualification de meurtre est une étape essentielle vers la vérité judiciaire. Elle honore la mémoire de Paul Varry et le combat de ses proches », a déclaré l'avocat des parties civiles, Me Yassine Bouzrou. Les avocats de la défense, quant à eux, annoncent qu'ils vont faire appel de cette décision, qui « n'est pas définitive ». « Le dossier démontre qu'il n'a jamais eu l'intention de donner la mort à la victime ce jour-là », ont-ils martelé.



