Le préfet de l'Hérault, François-Xavier Lauch, a présenté ce mardi 16 septembre le bilan du dispositif "Ville de sécurité renforcée" déployé début septembre à La Mosson, quartier sensible de Montpellier. Soixante CRS et cinquante policiers ont été mobilisés pour cibler les trafics de stupéfiants : huit gardes à vue, vingt commerces contrôlés, dont trois fermés, et plusieurs saisies ont été enregistrés.
Une opération ciblée dans le quartier de La Mosson
"La lutte contre le trafic de stupéfiants, c'est la priorité du ministre de l'Intérieur, donc c'est ma priorité." Ce mardi 16 septembre en fin d'après-midi, devant le nouveau commissariat de La Mosson, le préfet de l'Hérault a dressé le bilan du dispositif "Ville de sécurité renforcée" mené dans ce quartier sensible du nord de Montpellier. L'opération, déployée du 2 au 10 septembre, a mobilisé soixante CRS et une cinquantaine de policiers héraultais (police judiciaire, sécurité publique, brigade canine, police aux frontières…). Objectif affiché : "briser l'écosystème de la drogue" par une présence policière massive, des contrôles tous azimuts et le démantèlement de points de deal.
François-Xavier Lauch a insisté sur la stratégie déployée contre l'un des principaux lieux de trafic du secteur, implanté avenue de Louisville. "Au total, nous avons procédé à huit gardes à vue." Les contrôles de commerces se sont également multipliés. "Vingt ont été ciblés, dont trois vont faire l'objet de fermetures administratives." Deux pour emploi de personnes en situation irrégulière. Le dernier pour détention de stupéfiants, ce qui devrait lui valoir six mois de rideau baissé, en application de la nouvelle loi contre le narcotrafic. "Les commerces, c'est un des nerfs de la guerre. On essaie de travailler à trois niveaux. Le consommateur, les trafiquants et ceux qui se cachent derrière ces vitrines de blanchiment", a insisté le représentant de l'État.
La lutte contre la consommation au cœur de la stratégie
Avant de rappeler que la consommation de drogue alimente directement les trafics. "Je continue de penser que le cœur de la bataille, c'est le consommateur. Tant que nos concitoyens n'auront pas compris qu'il ne faut pas consommer des stupéfiants, on ne vaincra pas le mal. Aux Marels, je vois beaucoup d'acheteurs au volant de Tesla. C'est un exemple très concret."
Un million d'euros d'avoirs criminels saisis
Du côté judiciaire, outre les peines de prison rendues au cas par cas, le nouveau procureur de la République de Montpellier, Thierry Lescouarc'h, qui faisait mardi sa première sortie officielle, a tenu à indiquer qu'en termes d'avoirs criminels, "depuis le début de l'année 2025, près d'un million d'euros en argent ou en valeur ont été saisis en matière de trafic de stupéfiants". Un chiffre qui atteint quinze millions d'euros tous domaines confondus. Outre les volets judiciaires et administratifs, l'opération a aussi permis d'interpeller quatre étrangers en situation irrégulière et de prononcer cinq interdictions de paraître, visant à éloigner des figures locales des différents points de deal.
Des chiffres en très forte hausse
Au-delà de cette opération ciblée, le préfet a livré un premier bilan global des actions menées, depuis mars, dans les quatre quartiers "Ville de sécurité renforcée" que sont les Marels, la Cité Gély-Gambetta-Figuerolles, l'hypercentre et La Mosson-Petit-Bard. Soit au total, 677 personnes interpellées, 528 gardes à vue, 127 personnes déférées au tribunal. 808 amendes forfaitaires délictuelles pour usage de stupéfiants ont été dressées (+ 168 %). "Le nombre de trafiquants arrêtés augmente quant à lui de 171 %", poursuit le représentant de l'État, annonçant aussi la saisie de 226 000 €, 14 kg de cocaïne, 12 kg de cannabis, 1 kg d'héroïne, 56 armes à feu et 70 armes blanches.
Fermetures administratives en forte progression
De leur côté, les fermetures administratives se multiplient : "Depuis fin août, nous en avons prononcé autant que sur toute l'année dernière, soit 123 sur tout le département dont 60 à Montpellier", conclut François-Xavier Lauch.
Un modèle héraultais salué par la municipalité
Aux côtés de l'État, la Ville de Montpellier, par la voix de Sébastien Cote, a affirmé son engagement et son soutien. "Nous soutenons les actions de sécurité renforcée. Nous y mettons des moyens, avec la police municipale mais aussi avec notre brigade du logement social, le GSRI, qui travaille énormément sur La Mosson." L'adjoint au maire, délégué à la tranquillité publique, a même salué un "modèle héraultais". "Vous pouvez aller regarder le nombre de fermetures administratives dans les autres départements, nous sommes le premier département de France." Autant dire que pour le préfet comme pour la municipalité, le message est clair : maintenir la pression, multiplier les contrôles et faire reculer les trafics, au cœur d'un quartier et d'une ville où la sécurité reste un enjeu majeur.



