Un homme de 27 ans a été condamné ce lundi 20 octobre à quatre ans de prison, dont un an avec sursis probatoire renforcé pendant deux ans, pour avoir incendié la voiture de son oncle et volé celle de sa grand-mère à Montagnac. Les faits remontent au 29 août dernier, lorsque le prévenu, en proie à une colère incontrôlable, a mis le feu au véhicule de son oncle. Les fumées toxiques ont envahi un immeuble d'habitation voisin, contraignant 33 personnes à évacuer leurs logements en pleine nuit. Deux personnes ont été intoxiquées par les fumées, et un gendarme, légèrement blessé lors de l'évacuation, a dû être placé sous oxygène.
Un prévenu conciliant mais marqué par son passé
Devant le tribunal correctionnel de Béziers, le jeune homme, qui était alors hors de contrôle, s'est montré très conciliant. Il a reconnu l'ensemble des faits et a présenté ses excuses aux 33 personnes qui ont vécu une grande frayeur. "Je reconnais l'ensemble des faits. Je me suis tellement senti seul pendant des années que ce jour-là, en voyant mon oncle arriver chez ma grand-mère, j'ai vécu la situation comme un abandon. J'ai mis le feu au siège et j'ai pris la voiture de ma grand-mère", a-t-il déclaré à l'audience.
Le procureur de la République, Arnaud Faugère, a requis cinq ans de détention. Il a souligné que "les victimes ont mis 12 jours avant de pouvoir regagner leurs domiciles. Il a voulu se faire justice. Rien n'a été maîtrisé. En revanche, je ne conteste pas ce qu'il avance contre son oncle, mais le jour des faits, il était incontrôlable car il n'a jamais traité son alcoolisme."
Des révélations sur des violences sexuelles anciennes
Lors de l'audience, le prévenu s'est confié sur sa situation personnelle. Il a expliqué avoir été violé par son oncle alors qu'il n'était qu'un enfant, des faits enfouis depuis des années qui avaient refait surface récemment. Il en avait informé sa mère et sa grand-mère. L'oncle aurait reconnu les faits lors d'échanges de messages avec la mère. Une enquête de gendarmerie est en cours pour viol. Depuis plusieurs mois, le jeune homme s'est réfugié dans l'alcool, et un expert a établi un lien entre son alcoolisme et le traumatisme subi.
Pour la défense, Me De Saint-Julien a plaidé une peine plus juste : "Il a voulu mettre fin, par le feu, à de vieux démons et cela sans en mesurer les conséquences. Il traîne tout cela depuis l'âge de 8 ans, quand il a été violé par son oncle. Sa famille le sait. Il est là, il dit tout et assume tout avec énormément de respect pour toutes les victimes."
Le tribunal a finalement suivi les réquisitions du parquet en prononçant une peine de quatre ans d'emprisonnement, dont un an avec sursis probatoire renforcé pendant deux ans, avec obligation de soins et de travail.



