Mette-Marit de Norvège : du conte de fées au cauchemar judiciaire et médical
Mette-Marit : du conte de fées au cauchemar en Norvège

Mette-Marit de Norvège : du conte de fées au cauchemar judiciaire et médical

Blonde, élancée, aux yeux bleus, Mette-Marit de Norvège incarnait il y a encore quelques années la reine des neiges moderne. Son histoire avait tout du conte de fées qui avait rajeuni la monarchie norvégienne : une roturière cabossée par la vie, mère célibataire en difficulté, croisant par hasard la route du prince héritier Haakon, lui donnant deux enfants et semblant couler des jours heureux au palais royal d'Oslo.

Une ascension royale semée d'embûches

Son parcours commence pourtant modestement dans les années 1970. Dernière d'une fratrie de quatre enfants, elle grandit avec une mère employée de banque et un père journaliste aux problèmes d'alcool. « Lorsqu'il est mort, il y avait beaucoup de non-dits », reconnaîtra-t-elle plus tard, évoquant une famille qui semblait aller bien uniquement en apparence. Cette enfance difficile l'oblige à prendre des responsabilités très tôt et à mûrir rapidement.

Après une jeunesse plutôt conformiste, la jeune femme brise le moule à 16 ans en partant étudier en Australie. À son retour, l'adolescente se rase la tête, fréquente un homme plus âgé qui l'entraîne dans la drogue et les rave parties. Elle vit alors de petits boulots, rencontre Morten Borg, un DJ au lourd casier judiciaire, et donne naissance à un fils, Marius, qu'elle élève seule. « J'étais dans un milieu où de nombreuses limites ont été dépassées », confiera-t-elle avec recul.

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La rencontre qui change tout

Le destin de Mette-Marit bascule en 1999 lorsqu'elle croise la route du prince héritier Haakon lors d'un festival de musique à Kristiansand. Ils ont tous deux 26 ans, aiment la fête et s'apprécient immédiatement, malgré leurs milieux sociaux aux antipodes. La presse norvégienne se déchaîne contre cette mère célibataire au passé sulfureux, traquant la jeune femme jusque dans les jardins publics.

Le pays se divise : la jeune génération comprend cet amour, les plus anciens s'étranglent, les monarchistes craignent qu'elle ne fragilise la couronne. Haakon monte au front pour défendre son choix : « Peu importe ce que l'on pense de son passé, ce qui est important, c'est l'amour et la fidélité que nous nous portons ». Le roi Harald V donne finalement son accord, lui-même ayant dû batailler pour imposer son épouse roturière Sonja Haraldsen.

Les années de grâce royale

Le mariage est célébré à Oslo le 25 août 2001. Haakon rayonne au bras de son épouse et le petit Marius, blond comme un ange en frac noir et nœud papillon blanc, achève de faire craquer le pays. Mette-Marit tient son rang, donne naissance à deux enfants dynastes – Ingrid Alexandra et Sverre Magnus – et multiplie les engagements caritatifs. Elle s'implique particulièrement dans la lutte contre le sida, les discriminations et la santé mentale.

« J'ai beaucoup appris, je crois que sur bien des sujets ma voix porte. Je peux faire passer des messages peu relayés », se défend la princesse scandinave. Pourtant, elle peine à convaincre dans les sondages, certains la décrivant comme autoritaire et maladroite.

Le passé qui rattrape la princesse

Mais comme dans toute tragédie, les oiseaux de mauvais augure finissent par l'emporter. Le fils aîné de Mette-Marit, Marius, lui cause d'immenses soucis : alcool, drogue, et surtout des plaintes pour violences, agressions sexuelles et viols. Le couple princier tente de l'accompagner et de le recadrer, en lui imposant notamment des cures de désintoxication, mais en vain.

En 2024, selon des révélations de journalistes norvégiens, Mette-Marit serait allée jusqu'à nettoyer minutieusement l'appartement de son fils avant sa première arrestation, effaçant potentiellement des preuves. « Contre-vérités », réplique le palais. Aujourd'hui face aux juges, Marius risque jusqu'à dix ans de prison.

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L'affaire Epstein et la maladie

C'est dans ce contexte judiciaire déjà tendu que la future reine doit faire face à un tsunami politique en raison de ses liens avec Jeffrey Epstein. Citée plus de mille fois dans les documents récemment révélés par la justice américaine, Mette-Marit a séjourné quatre jours dans la villa du financier en Floride et le couple princier a croisé le prédateur sexuel à Saint-Barthélémy.

Face au tollé, l'épouse du prince Haakon exprime ses regrets, évoquant « un manque de discernement ». Mais le mal est fait : selon un récent sondage du journal VG, 44% des Norvégiens s'opposent désormais à l'idée de la voir monter un jour sur le trône, contre seulement 32,5% qui la soutiennent.

Pour couronner ce sombre tableau, Mette-Marit doit affronter une grave maladie pulmonaire qui nécessite une greffe cette année. Autrefois symbole de modernité monarchique, la future reine est désormais paria en son propre royaume, rattrapée par ses anciennes fréquentations, les déboires de son fils et une santé fragile. La presse se demande ouvertement si elle pourra un jour monter sur le trône de Norvège.