Lunel : le président de la mosquée ne condamne pas les départs en Syrie
Lunel : mosquée ne condamne pas les départs en Syrie

La mosquée de Lunel brise le silence sur les départs vers la Syrie

Vendredi matin, dans une mosquée encore vide en ce jour de prière, Lahoucine Goumri, président de l'Union des musulmans de Lunel qui gère la mosquée El Baraka, a accepté de recevoir quelques journalistes. C'est à la demande du maire, Claude Arnaud, qu'il a rompu le silence, précisant qu'auparavant, on lui avait demandé de ne pas s'exprimer.

Une position qui suscite la controverse

Lahoucine Goumri a tenu à clarifier la position de la mosquée : "La mosquée n'a rien à voir avec tous ces départs. Ce sont des départs individuels. Ils n'ont jamais concerté l'imam ou la mosquée. Les musulmans qui viennent à la mosquée sont des Lunellois et il n'y a aucun souci à Lunel. Il y a un problème à 6 000 km d'ici et on ne veut pas le ramener à Lunel." Interrogé sur une éventuelle condamnation des départs, il a répondu : "C'est leur choix. Je n'ai pas à les juger. Seul Dieu les jugera. Si on doit condamner quelque chose, il faut condamner ce qui est condamnable. Pourquoi condamner ces jeunes qui sont partis au nom d'une injustice en Syrie et pas ces Français qui sont partis et ont tué des bébés palestiniens avec Tsahal l'été dernier ? Pourquoi est-ce qu'une mosquée condamnerait, alors que les autres religions ne le font pas ?"

Pas de message de prévention

Le président ne voit pas non plus la nécessité de faire de la prévention auprès des autres jeunes : "Je ne vois pas pourquoi je ferais un message, si dix personnes sont parties sur 6 000 musulmans, soit 0,04 % ? Les autres jeunes, ils ne partent pas. Pourquoi je parlerais aux jeunes ? Tous les Lunellois ne sont pas dans le délire de la Syrie." Selon lui, c'est à l'État d'agir en matière de prévention ou de fermeture de sites internet.

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Des jeunes intégrés et partis par idéal

À propos des jeunes partis – Raphael, Houssem, Sabri, Hamza, Karim – Lahoucine Goumri a indiqué : "Certains venaient à la mosquée, d'autres pas. Ils étaient gentils, intégrés, serviables, doux, bien éduqués. C'est un étonnement qu'ils soient partis." Il ajoute : "Il n'y a rien à comprendre. Ils se connectent sur internet, ils prennent un billet d'avion." Il évoque des motivations différentes : jihad, raison politique...

Une critique acerbe de la politique étrangère française

Lahoucine Goumri a tenu à donner son avis personnel, insistant sur ce point : "La plus grosse filière jihadiste, c'est François Hollande. À mon avis, ces jeunes ont été poussés à partir dès mars 2011, lorsque François Hollande a dit que Bachar El Assad est un boucher et un criminel. Ces jeunes sont partis pour combattre une injustice. Ils ont été bombardés de vidéos sur internet. Ils ont vu des vidéos horribles. Ils n'ont pas accepté."

Un rôle d'accompagnement des familles

Revenant à son rôle de dirigeant de la mosquée, il explique que sa mission est d'aider les familles dans leur douleur et leurs "déchirements. Elles ne sont pas forcément d'accord avec ce qu'ils ont fait." La mosquée, selon lui, est un lieu de "culte pour apprendre notre religion, comment adorer notre seigneur". Il conclut : "Lunel est une petite ville tranquille. Nous n'avons aucun souci. On ne veut pas qu'à travers ce qui se passe, les gens stigmatisent et qu'ils aient peur."

Des élections à venir

En janvier 2015, la mosquée élira un nouveau président, des élections étant prévues tous les deux ans. Lahoucine Goumri ne se représente pas, ce qui aurait été un moyen de savoir si les fidèles partagent son discours.

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