Une reconnaissance historique au Sénat
Ce mercredi 16 juin 2026 restera gravé comme un jour décisif pour les enfants transplantés de La Réunion. Le Sénat a adopté en première lecture une proposition de loi visant à reconnaître les préjudices subis par ces milliers d'enfants, déplacés de force vers la métropole entre 1963 et 1982. Ce texte, porté par la sénatrice socialiste Viviane Malet, a été voté à l'unanimité des suffrages exprimés, soit 342 voix pour et aucune contre.
Un scandale d'État enfin jugé
Ces transplantations, souvent qualifiées de "scandale d'État", ont concerné près de 2 000 enfants réunionnais, majoritairement issus de familles pauvres. Sous couvert de repeuplement rural et d'action sociale, ils ont été arrachés à leurs parents pour être placés dans des familles d'accueil ou des institutions en métropole. Beaucoup ont subi des maltraitances, une perte d'identité et des traumatismes durables.
La proposition de loi prévoit la création d'une commission d'indemnisation, dotée d'un budget de 50 millions d'euros, pour réparer les préjudices matériels et moraux. Elle instaure également un droit à la vérité pour les victimes, avec l'ouverture des archives administratives et judiciaires, sous réserve du respect de la vie privée.
Un combat de longue haleine
Les associations de victimes, comme l'Association des Enfants de la Creuse, se félicitent de cette avancée. "C'est une victoire pour tous ceux qui ont lutté pendant des décennies pour que notre histoire soit reconnue", a déclaré sa présidente, Marie-Claude Bénard. Le texte doit encore être examiné par l'Assemblée nationale avant une adoption définitive.
Le gouvernement, par la voix de la ministre des Solidarités, a salué "un acte de justice et de mémoire". Ce vote unanime au Sénat marque un tournant dans la reconnaissance des crimes d'État et ouvre la voie à une réconciliation nationale.



