Rave party en Lozère : un trafic de stupéfiants démantelé
Les autorités ont dressé un bilan saisissant de la rave party illégale qui s'est tenue du 14 au 15 mai 2026 à Saint-Privat-du-Fau, en Lozère. Près de 600 procès-verbaux ont été établis, et les saisies de drogues sont massives : kétamine, cocaïne, LSD, ecstasy, cannabis, 3MMC, méthamphétamine, amphétamine, MDMA, opium, ainsi qu'une arme à feu semi-automatique et 99 paquets de cigarettes contrefaites.
Des trafiquants itinérants
Le procureur de la République de Mende, Valéry Morron, a révélé que les deux principaux trafiquants arrivaient d'une précédente rave party dans le Cher. "Ce sont des gens qui vont de rave party en rave party avec l'attirail, pour pouvoir alimenter pendant plusieurs jours les teufeurs", a-t-il déclaré. Un homme interpellé avec 104 grammes de kétamine a été condamné à six mois de prison avec sursis probatoire renforcé pendant deux ans et trois ans d'interdiction de paraître en Lozère. Un autre, retrouvé avec plus de 3 kg de kétamine, une arme de calibre 9 mm et 17 cartouches, a écopé de trois ans de prison, dont 18 mois avec sursis probatoire. Un troisième, chez qui les enquêteurs ont découvert 700 buvards de LSD et d'autres stupéfiants, a été condamné à 18 mois d'emprisonnement, dont neuf avec sursis probatoire.
Une mobilisation massive des forces de l'ordre
Alors que jusqu'à 10 000 participants étaient redoutés, le rassemblement n'a finalement attiré qu'environ 1 500 personnes au plus fort de l'événement. Les conditions météorologiques étaient particulièrement difficiles, avec pluie, neige, vent et températures négatives à 1 350 mètres d'altitude. 280 gendarmes ont été mobilisés, appuyés par les pompiers, la Croix-Rouge, l'Office national des forêts, l'Agence régionale de santé et le monde agricole. La colonelle Marie-Béatrice Tonanny a évoqué "la plus grande fermeté", avec plus de 600 procès-verbaux électroniques, 30 amendes forfaitaires délictuelles et la saisie de plusieurs éléments du sound system.
Deux enquêtes ouvertes
Le préfet Gilles Quénéhervé a salué "une cohésion absolue entre tous les acteurs lozériens". Deux enquêtes sont en cours : l'une sur l'organisation de la rave party, l'autre sur la mise en danger des participants. "Clairement, les conditions n'étaient pas du tout adaptées", a estimé Valéry Morron, pour qui ce type d'événement "met en danger l'intégralité de l'équilibre du département".



