Le prévenu, décrit comme un « psychopathe pittoresque » par l’expert psychiatre, a expliqué avoir fabriqué ces engins entreposés à Miramont-de-Guyenne, pour se défendre d’actes antisémites. Deux grenades, deux engins explosifs à mèche lente, de la poudre noire, des billes de plastique… La découverte inquiétante de la propriétaire de cette habitation de Miramont-de-Guyenne, à la suite du départ de son locataire, a mobilisé de nombreux services de sécurité. D’autant que ledit locataire était introuvable…
Comparution devant le tribunal
Ce lundi 27 avril, celui-ci, encadré d’agents pénitentiaires, a comparu devant le tribunal correctionnel d’Agen. Le prévenu de 74 ans, placé en détention provisoire depuis près de deux mois, devait répondre de fabrication et détention non autorisées de produit ou engin explosif, mais également de non-justification et non-déclaration de changement d’adresse à la suite de son inscription dans le Fichier des auteurs d’infractions sexuelles (Fijais), derniers délits connexes pour lesquels il a déjà été condamné à cinq reprises.
Explications du prévenu
« Ces engins explosifs, je les ai fabriqués il y a sept ans, lorsque je suis sorti de détention. À la suite des dégâts d’une tempête, je n’ai pas pu revenir dans la maison pour les évacuer… », assure le septuagénaire, expliquant avoir acquis des armes, à l’image de « ce pistolet Lefaucheux 1870, que j’ai réparé. Mais elles ont toutes disparu ».
Loin de rassurer le tribunal, les explications sur le mobile de cette confection guerrière, « après avoir vu une étoile de David taguée sur ma maison », ne semblent guère apporter de sérénité aux juges. « Ce n’est pas parce que vous êtes victime d’un délit antisémite que cela justifie de commettre un délit de droit commun pour vous défendre », soulève le président.
Peine requise
Trois ans ferme requis. « Au lieu de fabriquer des bombes, je suis aussi artiste peintre. D’ailleurs, j’espère exposer à Agen », indique le prévenu à l’examen de sa personnalité, quand le psychiatre dresse le portrait d’un « psychopathe pittoresque, avec un tropisme addictif et une composante mythomane ». « Mon client ne concevait pas d’agresser quiconque, dans son esprit, il s’agissait de se défendre. D’ailleurs, il aurait longuement eu le temps d’en faire utilisation », a pointé Me Grégoire. Le prévenu a échappé au retour en détention, en se voyant infliger 30 mois, dont 18 assortis d’un sursis probatoire, la partie ferme pouvant être aménagée sous forme de bracelet électronique.



