Juan-les-Pins : un immeuble évacué et des commerces fermés face au risque d'effondrement des terrasses
Juan-les-Pins : immeuble évacué pour risque d'effondrement

Juan-les-Pins face à un péril immobilier : évacuation d'urgence et fermeture de commerces

La quiétude de la rue Dulys à Juan-les-Pins a été brutalement interrompue vendredi 10 avril au soir. Sur ordre des autorités, une quinzaine de logements, dont des logements sociaux, ont dû être évacués en urgence. Parallèlement, les commerces situés dans le bâtiment, tels que des restaurants et une boulangerie, ont baissé leur rideau pour une période minimale de quinze jours. La raison de cette mesure drastique ? Un rapport d'experts concluant à un risque imminent d'effondrement des terrasses en bois et de la coursive à l'arrière de l'immeuble, une défaillance structurelle qui pourrait entraîner la chute de la façade arrière.

Une structure dégradée et des alertes anciennes

Les résidents, comme Rafaël, un copropriétaire, ne sont pas surpris. Ils alertent depuis plusieurs années sur l'état de dégradation avancée de ces structures. « C'est un bâtiment classé qui a été rénové, mais à la base, il n'y avait pas de terrasses en bois », explique une propriétaire souhaitant garder l'anonymat. Elle pointe du doigt des choix de construction contestables : « Apparemment, la mairie aurait refusé le béton, et le promoteur de l'époque, pour réduire les coûts, a opté pour un bois inadapté, bâclant le travail. Ils ont mis un bois d'intérieur à l'extérieur. »

Le résultat est sans appel : la structure présente des champignons, des affaissements et des fissures inquiétantes. Des procédures judiciaires sont d'ailleurs en cours depuis des années concernant ce sinistre, sans qu'une solution durable n'ait encore été trouvée.

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Le désarroi des commerçants et des résidents

Pour les commerçants, l'annonce est tombée comme un couperet. Thierry Maria, gérant du bar à huîtres Terre et Mer, raconte : « La police et l'adjoint au maire sont venus nous dire de fermer le restaurant vers 19 heures, un vendredi soir, en plein début des vacances scolaires. Si on avait su, on n'aurait pas fait rentrer de marchandises. Là, j'ai plein de poissons, de crevettes, des huîtres. C'est une perte sèche. » Alessandro Genovese, de la pizzeria L'Acqua in bocca, partage son inquiétude, notamment sur la prise en charge par les assurances des pertes, des salaires des employés et des frais juridiques à venir.

Du côté des habitants, si la municipalité propose un relogement provisoire, certains, comme Rafaël, font face à un dilemme cornélien. « Je n'ai pas d'autre logement. Dormir à l'hôtel ? J'ai deux chiens, comment je fais ? Je travaille, j'ai une vie. Et puis je fais comment pour préparer les repas ? Je n'ai pas les moyens d'aller manger au restaurant tous les jours… », confie-t-il, ayant choisi de rester sur place malgré les risques.

Des travaux de consolidation en attente de la justice

Une entreprise, accompagnée d'un cabinet d'études, doit intervenir dès ce lundi pour évaluer la structure et proposer des mesures de consolidation. Cependant, les propriétaires restent pessimistes quant à une réparation définitive. « On ne peut pas enlever la structure pour la refaire parce que les entreprises qui ont fait les travaux pourraient se retourner contre nous », soupire une propriétaire. « Elle va être laissée en l'état et sûrement consolidée grâce à des échafaudages. Il faudra ensuite attendre que la justice fasse son travail. »

Rafaël abonde dans ce sens : « Il n'y a rien qui sera réparé. Ce sera juste solidifié, pour garantir une vie à peu près normale. » Une solution temporaire qui laisse présager une longue bataille administrative et judiciaire avant que la sécurité des lieux ne soit pleinement rétablie, plongeant commerçants et résidents dans l'incertitude.

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