Le ministre de l'Intérieur suspecte la Jeune Garde antifasciste dans une agression mortelle à Lyon
Jeune Garde antifasciste suspectée dans une agression mortelle à Lyon

Le ministre de l'Intérieur suspecte la Jeune Garde antifasciste dans une agression mortelle à Lyon

Le ministre de l'Intérieur a désigné la Jeune Garde antifasciste, dissoute en juin dernier, comme potentiellement impliquée dans l'agression mortelle d'un militant nationaliste survenue jeudi à Lyon. La victime, Quentin Deranque, était un activiste nationaliste connu localement.

Un collectif qui nie toute responsabilité

Dans un communiqué publié dimanche, la Jeune Garde antifasciste a catégoriquement rejeté toute responsabilité dans les « tragiques événements » lyonnais. L'organisation a rappelé qu'elle avait suspendu toutes ses activités depuis sa dissolution officielle en juin 2025. Fondée à Lyon en 2018, cette structure s'était initialement présentée comme un mouvement d'autodéfense face aux groupes d'extrême droite particulièrement actifs dans la région, notamment le Bastion social.

L'évolution et la stratégie de la Jeune Garde

Le collectif a progressivement étendu son influence à travers un réseau de groupes locaux relativement indépendants dans plusieurs villes françaises :

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  • Paris
  • Strasbourg
  • Lille
  • Montpellier

Ces différentes branches partageaient des symboles communs comme les trois flèches orientées vers la gauche, une référence historique aux groupes d'autodéfense socialistes des années 1930, et le slogan : « Face à l'extrême-droite, riposte immédiate ».

La Jeune Garde a gagné en visibilité pendant la mobilisation contre la réforme des retraites de 2023. Ses membres multipliaient alors les actions sur le terrain :

  1. Présence aux abords des universités pour protéger les étudiants
  2. Participation aux « pré-cortèges » de manifestations
  3. Appui occasionnel aux services d'ordre syndicaux
  4. Activités de collage d'affiches et de distribution de tracts

Sur les réseaux sociaux, les membres apparaissaient souvent le visage masqué, postant des images de leurs entraînements au combat. Certains comptes atteignaient plus de 20 000 abonnés, contribuant à la notoriété du mouvement.

Une influence locale nuancée selon les observateurs

À Lyon même, la Jeune Garde n'a jamais été hégémonique et partageait le terrain avec d'autres collectifs antifascistes, dont la Gale dissoute en 2022. « Historiquement, la Jeune Garde n'a pas été le collectif antifa le plus porté sur la violence à Lyon », explique un connaisseur de ces groupes. « Ils ont toujours préféré les événements 'respectables' et 'médiatisables' à la confrontation directe avec l'extrême droite ».

Selon cette même source, la dissolution a probablement contribué à désorganiser le collectif. « La Jeune Garde n'a jamais occupé une place centrale au sein de la mouvance globale 'antifa', sinon aux yeux des médias », précise-t-elle, ajoutant que « la mouvance antifasciste ne dispose plus aujourd'hui d'une structuration nationale » mais fonctionne plutôt comme un réseau informel de groupes locaux.

Le contexte de la dissolution

La dissolution de la Jeune Garde antifasciste a été prononcée en juin 2025 en Conseil des ministres. Le gouvernement l'accusait de « provoquer à des agissements violents contre les personnes, provocations bien souvent suivies d'effets ». Les autorités estimaient alors que l'organisation comptait « près d'une centaine de membres » répartis dans différentes branches locales en France, avec une structure pyramidale dirigée par un porte-parole national.

Longtemps, Raphaël Arnault a occupé cette fonction avant d'être élu député La France Insoumise. Le décret du 12 juin énumérait des rixes violentes ou prises à partie à Strasbourg, Paris et Lyon entre 2023 et 2025, des agissements qui « ont donné lieu pour certains à des condamnations ». Un recours contre cette dissolution a été déposé devant le Conseil d'État. Une audience initialement prévue mercredi a été reportée sine die.

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