Incendie à l'hôpital de Mont-de-Marsan en 2005 : un drame aux conséquences tragiques
Début avril 2005, un incendie s'est déclaré au service neurologie de l'hôpital Layné, le centre hospitalier général de Mont-de-Marsan, entraînant la mort de deux personnes et l'évacuation de 120 malades. Les faits, survenus le 12 avril 2005 vers 18h15, ont marqué la région et soulevé des questions sur la sécurité et les responsabilités.
Les circonstances de l'incendie et l'évacuation d'urgence
Le feu a pris dans une chambre au premier étage d'un bâtiment abritant les services de neurologie, au moment de la distribution des plateaux-repas. Les 120 occupants des trois étages ont été évacués rapidement, mais deux personnes âgées de 84 et 75 ans ont perdu la vie à cause des fumées inhalées. Leur identité et leur statut – patients, visiteurs ou membres du corps médical – n'étaient pas connus immédiatement. Une autre personne intoxiquée a été dirigée en réanimation.
La grande difficulté a été de reloger au plus vite toutes les personnes évacuées, le bâtiment sinistré étant inutilisable. Des places ont été demandées dans d'autres établissements de la région, tandis que les malades attendaient sur des brancards dans les couloirs d'autres services.
L'intervention héroïque et les fenêtres antipanique
Des particuliers ont apporté leur aide, comme Alain Costedoat, ancien pilote du Samu des Landes, qui a dû calmer des personnes voulant sauter pour fuir la fumée. Les fenêtres antipanique, closes de l'intérieur pour éviter des accidents, ont posé problème. M. Costedoat a utilisé un parpaing pour casser les vitres et libérer les occupants.
Les sapeurs-pompiers ont extrait les personnes par les fenêtres, les descendant sur des toits de véhicules ou une aile proche, avant de vérifier toutes les chambres et de maîtriser le feu.
Enquête pour incendie volontaire et mise en examen
L'origine du sinistre a rapidement fait l'objet d'une enquête. Un témoignage a évoqué un incendie volontaire, attribuant le départ du feu à un malade de la chambre 4702, qui devait être transféré à l'hôpital psychiatrique mais manquait de place. Le procureur de la République, Jean-Pierre Laffite, a ouvert une enquête judiciaire pour incendie volontaire, confiée à la direction interrégionale.
Quatre jours après le drame, un homme de 71 ans, hospitalisé depuis plusieurs semaines, a été placé sous mandat de dépôt et mis en examen. Il avait remis un briquet à un aide-soignant lors de son évacuation, objet versé au dossier. Inculpé pour détérioration d'un bien d'autrui par voie incendiaire ayant entraîné la mort, il a été placé d'office en milieu hospitalier sous contrainte en raison de son état confusionnel, soulevant la question de son irresponsabilité potentielle au moment des faits.
Réflexions sur la sécurité et la gestion de crise
Cet incident a mis en lumière les défis de la sécurité dans les établissements de santé, notamment avec les fenêtres antipanique, et l'importance d'une évacuation rapide. La collaboration entre secours et civils a été cruciale, mais le drame rappelle les risques liés aux comportements incontrôlés dans des environnements sensibles.
Les archives de Sud Ouest permettent de revisiter ces événements qui ont marqué la mémoire collective de la région, offrant des leçons pour prévenir de futures tragédies.



