Incendie meurtrier à Crans-Montana : 40 morts, 119 blessés, une enquête ouverte
Incendie en Suisse : 40 morts, 119 blessés, enquête ouverte

Une tragédie en Suisse : l'incendie du bar Le Constellation fait 40 morts et 119 blessés

Une fête de fin d'année a viré au cauchemar dans la station de ski de Crans-Montana, au sud-ouest de la Suisse. Dans la nuit du mercredi 30 décembre au jeudi 1er janvier, le bar Le Constellation a été ravagé par les flammes, provoquant un bilan dramatique. Les autorités suisses ont confirmé vendredi que l'incendie a causé la mort de 40 personnes et fait 119 blessés, dont certains gravement brûlés avec un pronostic vital engagé.

Des victimes françaises et un transfert international des blessés

Samedi matin, le Quai d'Orsay a annoncé que seize Français figuraient parmi les blessés, tandis que neuf autres restaient non localisés. Une partie des blessés a été hospitalisée dans des établissements suisses à Sion, Lausanne, Genève ou Zurich. Cependant, face au nombre important de « grands brûlés », une cinquantaine d'entre eux a été transférée ou va l'être dans d'autres pays européens.

Le ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a précisé sur X que la France a accueilli, vendredi, 11 personnes dans ses hôpitaux à Lyon, Metz, Nantes et en région parisienne, dont trois ressortissants suisses. Des opérations d'identification sont en cours pour déterminer l'identité des 40 personnes tuées. Selon Éric Bonvin, directeur de l'hôpital du Valais, les victimes ont été brûlées, écrasées ou asphyxiées, et d'autres se sont blessées en tentant de sauver des gens.

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L'enquête pointe des bougies incandescentes comme cause probable

L'enquête se concentre sur l'origine de l'incendie. Frédéric Gisler, chef de la police cantonale, a indiqué que la fumée a été aperçue vers 1 h 30, émanant du bar situé au centre de la station. La procureure, Béatrice Pilloud, a affirmé que le feu est probablement parti de bougies incandescentes placées sur des bouteilles de champagne. Celles-ci auraient été approchées trop près du plafond, provoquant un embrasement rapide et général.

Cette hypothèse est corroborée par les témoignages des blessés et des vidéos circulant sur les réseaux sociaux, montrant une serveuse sur les épaules d'un collègue avec des bougies étincelantes, suivie de l'embrasement du plafond. David Audisio, commandant et chef de service prévention contre les risques d'incendie, a souligné que l'usage de ces bougies doit être strictement encadré. Les étincelles atteignent des températures suffisantes pour enflammer des matériaux hautement inflammables, comme les faux plafonds ou les isolants phoniques.

Il a ajouté que ces matériaux sont souvent gorgés de matières chimiques dégageant des gaz très toxiques, tels que l'acide cyanhydrique, l'acide sulfurique, le monoxyde de carbone ou l'oxyde de soufre. Ce mélange hypertoxique peut provoquer la mort très rapidement pour ceux qui l'inhalent.

Les gérants du bar visés par une enquête pénale

Le couple de gérants d'origine corse a été entendu par le parquet en tant que témoins. Jacques Moretti, propriétaire de l'établissement, a certifié à La Tribune Genève que le bar avait été contrôlé « trois fois en dix ans » et que tout était conforme aux normes. Aucune poursuite n'avait été engagée initialement, mais ce samedi, les autorités suisses ont annoncé l'ouverture d'une enquête pénale à l'encontre des deux gérants.

Ils sont prévenus d'homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d'incendie par négligence. L'enquête doit désormais établir leur responsabilité dans ce drame. Une cérémonie d'hommage aux victimes se tiendra le vendredi 9 janvier à Crans-Montana, marquant un moment de recueillement pour la communauté touchée par cette tragédie.

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