Le violent incendie qui s'est déclaré ce dimanche vers 12h45 à Lédenon, dans le Gard, est désormais considéré comme « fixé » par la préfecture, mais toujours actif en fin de journée. Le feu, attisé par des conditions météorologiques extrêmes, a parcouru 540 hectares de forêts et de garrigues, menaçant les communes de Bezouce, Saint-Gervasy et Cabrières. Les habitants ont été invités à se confiner.
Un départ de feu rapide et des conditions critiques
Le feu est parti de Lédenon et a rapidement sauté les routes pour atteindre les communes voisines. Les autorités redoutaient ce scénario en raison des fortes températures (plus de 37 °C), de la sécheresse (10 % d'humidité) et du vent violent (rafales jusqu'à 60 km/h). Selon Météo Languedoc, la colonne de fumée était visible à 80 kilomètres à la ronde. L'incendie avançait à une vitesse de 3 km/h, parvenant même à sauter l'autoroute A9, qui a dû être coupée à la circulation entre Remoulins et Nîmes Est en début d'après-midi.
Des moyens aériens et terrestres considérables
Dès les premiers instants, d'importants moyens ont été engagés. Sept Canadair, deux Dash et un hélicoptère ont effectué 130 largages en quelques heures. Au sol, 200 pompiers répartis dans 60 véhicules tentaient de cerner les flammes, un effectif porté à 320 en fin d'après-midi grâce à des renforts des départements voisins. Malgré ces efforts, le commandant des pompiers Nicolas Baro a déclaré : « Nous n'arrivons pas à maîtriser le feu », quatre heures après le départ de l'incendie, alors que 450 hectares avaient déjà brûlé.
Bilan humain et matériel limité
Par chance, aucun blessé n'était à déplorer en fin de journée, hormis quelques coups de chaud parmi les pompiers. Les dégâts matériels sont minimes : une seule maison a été touchée par les flammes à Bezouce. Le commandant Baro a salué le respect des obligations de débroussaillement par les riverains, ce qui a facilité les opérations. « Nous avons réussi à préserver une centaine d'habitations pourtant situées dans l'axe de propagation du feu », a-t-il précisé.
Solidarité des habitants et stratégie de contre-feu
La solidarité s'est exprimée de diverses manières. À Bezouce, Alice Artiaga, deux seaux d'eau à la main, tentait avec une dizaine de personnes d'éteindre les arbres et les poteaux qui reprenaient feu malgré le passage des pompiers, utilisant des tuyaux d'arrosage reliés à une pompe. D'autres ont aidé à mettre en sécurité des chevaux, apporté boissons et nourritures aux pompiers, ou fourni du paracétamol aux personnes évacuées souffrant de maux de tête. La commune de Meynes a mis à disposition l'internat du lycée privé agricole pour environ 70 sinistrés de Bezouce.
En fin d'après-midi, la situation restait critique avec des reprises régulières du feu attisé par le vent et des réserves d'eau qui s'amenuisaient. « En quelques heures, le château d'eau de Lédenon a été vidé », a assuré Nicolas Baro. Une stratégie de contre-feu a été enclenchée avec l'accord du préfet du Gard Jérôme Bonet, venu sur le terrain. « Ce sont des pompiers spécialisés qui mènent ces opérations. Cela permet d'arrêter l'incendie, lorsqu'il arrive sur une zone déjà brûlée », a expliqué le commandant.
Perspectives : vigilance maintenue
Si la tactique a permis de fixer le feu et de rouvrir les axes de circulation, dont l'A9 sur une voie en soirée, les pompiers restent mobilisés pour éviter toute reprise. « Les lisières sont très grandes. Or, le vent doit souffler encore deux jours et lorsqu'il baissera en intensité en milieu de semaine, la température devrait repasser au-dessus de 40 °C », a prévenu Nicolas Baro. Le département du Gard, comme ses voisins du bassin méditerranéen, pourrait rester en vigilance rouge plusieurs jours encore.



