En Australie, la petite ville côtière de Gerringong, située à deux heures de Sydney, subit les conséquences de sa popularité soudaine sur les réseaux sociaux. La rue Tasman Drive, devenue virale sur Instagram, TikTok et RedNote, attire des foules de visiteurs, au grand dam des résidents locaux.
Un afflux touristique insoutenable
Peter Hainsworth, 81 ans, résident de longue date, confie à l'AFP : "Pour une petite ville de campagne, ça dépasse les bornes." Il dénonce le comportement des touristes qui se tiennent au milieu de la route pour prendre des selfies, laissent des déchets et effectuent des manœuvres dangereuses. "Tout le monde en a marre", ajoute-t-il.
Un habitant à vélo, furieux, a réprimandé des touristes qui posaient sur la chaussée, refusant de s'exprimer devant l'AFP. Les tensions montent, certains riverains n'hésitant pas à activer leurs arroseurs automatiques pour dissuader les visiteurs de photographier leurs pelouses.
Des mesures radicales envisagées
Face à cette situation, un comité de riverains s'est formé pour demander la mise en sens unique de Tasman Drive, afin de réduire le flux incessant de véhicules. Des dérives similaires de surtourisme ont déjà été observées dans des destinations comme le mont Fuji, Barcelone ou Venise, poussant les autorités à réguler l'afflux.
Sagar Munjal, un chauffeur de taxi de 28 ans venu de Parramatta avec des amis après avoir vu le lieu sur Instagram, témoigne : "J'en suis resté bouche bée. On peut profiter de la route côtière avec à la fois la plage et ces magnifiques montagnes."
Un tourisme sans retombées économiques
Andy Liao, promoteur immobilier originaire de Chengdu, comprend l'agacement : "Si je vivais ici, je ne voudrais pas que tant de monde vienne jusque dans mon jardin." Mais Kevin Medina, cuisinier colombien de 22 ans, est moins compréhensif après avoir été insulté : "Ils devraient être heureux que davantage de gens découvrent cet endroit magnifique."
Le principal grief des résidents est l'absence de retombées économiques, les touristes se contentant souvent de prendre des photos et de repartir. Melissa Matters, adjointe au maire et commerçante, nuance : "Certains magasins ne voient pas beaucoup de clients, tandis que d'autres s'en sortent plutôt bien."
Linda Bruce, 76 ans, s'interroge sur les motivations des visiteurs : "Est-ce parce qu'ils aiment sincèrement la région et trouvent la vue merveilleuse, ou est-ce simplement pour cocher une case de plus sur leur liste de choses à faire ?"



