Les habitants du quartier Pissevin à Nîmes vivent dans la terreur constante. Les récentes fusillades, dont une jeudi 17 juillet vers 22 heures place Léonard-de-Vinci, ont ravivé un sentiment d'abandon. Les trafiquants de drogue diffusent des menaces glaçantes sur les réseaux sociaux, comme ce message : « On va tuer même les petits de 5 ans. Vos gosses chez vous en sécurité. »
Des vies confinées
Parents et enfants restent enfermés chez eux ou s'échappent brièvement en bord de mer, mais doivent rentrer tôt. « On se sent abandonnés, seuls au monde », confie un acteur associatif qui a dû fermer ses portes. Un témoin déplore l'absence de CRS jeudi soir. Ouarda, qui travaille sur la place, exprime sa colère : « On a l'impression que la République nous abandonne, qu'elle est ravie que des gens des quartiers s'entretuent. » Elle appelle à manifester pour ne pas laisser les dealers gagner.
Un quartier silencieux et étouffant
Vendredi, Pissevin était anormalement calme. June, une jeune fille, note l'absence de patrouilles policières et la chaleur insupportable dans les logements mal isolés. Malgré tout, l'association Paseo maintient ses activités pour soutenir les familles. « Il faut continuer à vivre », insiste sa responsable Véronique. Seule une famille a renoncé à venir.
Témoignages de parents et d'enfants
Mohammed, ouvrier du bâtiment, était au parc avec ses enfants lors des tirs du 14 juillet. Il a décidé de déménager : « C'est pas imaginable que mes enfants grandissent enfermés ou dans la peur. » Inès, 12 ans, a couru avec ses sœurs pour se réfugier dans leur immeuble avant l'arrivée des hommes armés. Elle craint désormais pour ses proches.
La banalisation de la violence chez les jeunes
Une employée au contact des enfants constate que la violence devient banale pour eux : « Ils savent que c'est grave, mais ils ne sont plus choqués. » Marwan, 14 ans, ne sort jamais après 22 heures et trouve la situation « chiant ». Yasmine, 14 ans, baisse la tête devant les guetteurs cagoulés et voit des armes presque tous les jours. Sa mère, proche de la mère de Fayed, tué par une balle perdue en 2023, lui interdit de sortir seule.
Ces témoignages révèlent une communauté meurtrie, où la peur dicte le quotidien et où le sentiment d'abandon est profond.



