Fusillade aux Moulins à Nice : des mères de famille menacent de s'armer
Fusillade aux Moulins : des mères menacent de s'armer

Une nouvelle fusillade a secoué le quartier des Moulins à Nice ce lundi après-midi, faisant deux morts et six blessés, dont trois graves. Les tirs ont éclaté vers 15h30 près de la place des Amaryllis, après un week-end déjà marqué par des violences. Notre journaliste a recueilli les témoignages d'habitantes, notamment de mères de famille désemparées.

« S'ils tuent un de mes enfants, je vais acheter des armes »

Abla, 65 ans, habite le quartier depuis 1978. Elle confie : « On a peur. On vit sur la peur. Avant, j'allais à la plage, au cinéma, à l'opéra. Aujourd'hui, je rentre à 18 heures et je dois appeler mes proches pour savoir s'ils sont rentrés. S'ils me tuent un enfant, je n'achèterai plus de pain, j'achèterai des armes. Si on touche à un de mes enfants, je tuerai tout le monde. On en parle entre nous, on va s'armer. » Elle regrette que la situation ait changé : « Avant, on sortait sans crainte. Maintenant, c'est les Moulins qui font peur. »

Des enfants témoins de la violence

Une autre mère, dont le fils est collégien, raconte que son enfant a vu « quatre personnes cagoulées courir » alors qu'il rentrait de l'école. « Il m'a dit : 'Maman, j'ai entendu ça tire, ça tire, ça tire.' » Installée depuis 25 ans aux Moulins, elle déplore une insécurité constante : « Malgré la police, on peut à tout moment passer à travers des balles. Récemment, je sortais de la boulangerie quand des policiers poursuivis par des jeunes ont sorti leurs armes ; j'étais au milieu. Les points de deal sont toujours là, cachés. Les dealers restent malgré la présence des CRS. »

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Des habitants qui envisagent de quitter le quartier

Selon elle, une solution serait de « arrêter les consommateurs » pour réduire le trafic. Mais elle ajoute : « Il est temps de partir. Il y a 25 ans, mes filles se baladaient seules. Aujourd'hui, ma fille me dit : 'Maman, ça craint de venir chez toi.' Les dealers ont pris trop de place. Ma belle-sœur, qui a trois enfants, songe aussi à partir. »

Cette fusillade intervient dans un contexte de tensions liées au trafic de stupéfiants, qui gangrène le quartier depuis des mois. Les habitants, exaspérés, réclament des mesures fortes pour restaurer la sécurité.

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