Le tribunal correctionnel de Beauvais a condamné ce jeudi Marion L., 25 ans, originaire de Puiseux-en-Bray, à un an de prison avec sursis pour avoir renversé un homme sur le parking d'un bar après avoir été expulsée. Les faits se sont déroulés dans la nuit du 11 au 12 avril, alors que la jeune femme, alcoolisée et positive au cannabis, avait été éconduite du bar O'Filat.
Une altercation dans le bar
Selon la prévenue, tout commence par un incident à l'intérieur de l'établissement. Un client d'une quarantaine d'années aurait eu un comportement déplacé envers une amie mineure de Marion L. « Je l'ai giflé et je ne le regrette pas », a-t-elle déclaré à la barre. Elle a alors été sortie du bar par un vigile, ce qu'elle a jugé normal. Mais une fois dehors, la situation a dégénéré avec un autre vigile.
Des manœuvres dangereuses sur le parking
Les enquêteurs ont établi que la jeune femme, après avoir été ramenée à sa voiture, a effectué plusieurs manœuvres d'avant en arrière en direction du vigile. Elle a percuté un panneau de signalisation, puis un homme qui tentait de la raisonner. « Je ne l'ai pas vu, je n'ai pas vu le panneau non plus », a-t-elle concédé. La victime, projetée sur le capot, a subi une blessure à la cheville et cinq jours d'ITT. Pour l'arrêter, cet homme a dû casser la vitre du véhicule et lui arracher les clés.
Marion L. a justifié son geste en évoquant la violence du vigile : « J'ai pris un coup de poing et il voulait me taser. Il m'a attrapée par les cheveux avant de me soulever comme un sac à patates. Si on m'agresse, je réagis. »
« J'étais saoule mais je contrôlais »
Interrogée par la présidente, elle a affirmé : « J'avançais vers le vigile mais j'aurais freiné avant de le toucher. Si j'avais voulu l'écraser, je l'aurais fait. J'étais saoule mais je contrôlais. » Elle a finalement reconnu avoir fait « n'importe quoi » et présenté ses excuses à la victime, mais a refusé de le faire au vigile.
La présidente a rappelé un épisode similaire en 2020 où Marion L., après avoir frôlé un cycliste, s'était arrêtée pour gazer l'homme qui l'avait insultée.
Les réquisitions et le jugement
Me Maxence Sarlin, avocat de la partie civile, a dénoncé l'attitude de la prévenue : « Elle est consciente de tout, pleine de certitudes, mais le problème, ce n'est pas elle, c'est les autres. Faire peur avec une voiture, c'est dangereux. » La procureure a regretté son « attitude désinvolte » face à des faits graves, soulignant qu'« avec un véhicule on peut tuer ». Elle avait requis un an de prison dont six mois ferme.
Finalement, le tribunal a condamné Marion L. à un an de prison avec sursis, l'annulation de son permis de conduire, la confiscation de son véhicule, ainsi que le versement de 2 000 euros de dommages et intérêts à la victime et 813 euros de frais de procédure.



