Un drame familial révélé à Hagenbach dans le Haut-Rhin
Une affaire de séquestration particulièrement choquante a été dévoilée par le procureur de Mulhouse, Nicolas Heitz. Un enfant de 9 ans, retrouvé dans un état alarmant dans une camionnette à Hagenbach, une petite commune de 800 habitants située à environ 20 kilomètres au sud-ouest de Mulhouse, a décrit son calvaire comme une « longue histoire ». Selon les déclarations du procureur, le garçon, âgé de 7 ans au moment où il a été enfermé, a été séquestré par son père depuis novembre 2024.
Des conditions de vie inhumaines révélées
Lors de sa découverte par les gendarmes, alertés par une habitante ayant entendu des « bruits d’enfant » provenant du véhicule, l’enfant était « pâle et manifestement dénutri ». Il était « couché en position fœtale, nu, recouvert d’une couverture sur un monticule de déchets et à proximité d’excréments ». Le procureur a précisé que, « en raison de la position assise prolongée », le garçon ne parvenait plus à marcher. Il a été immédiatement pris en charge à l’hôpital de Mulhouse, où il est toujours hospitalisé et en sécurité.
Le rôle trouble de la belle-mère dans cette affaire
L’enfant a évoqué sa belle-mère, qu’il a qualifiée de « méchante » et de « pire ennemi ». Selon ses dires, elle aurait demandé au père de l’envoyer en hôpital psychiatrique, exerçant une pression considérable. « Mon père a dû me mettre dans la camionnette, il n’a pas eu le choix », a expliqué le garçon. Les voisins auraient également entendu la belle-mère crier contre les enfants et dire au père : « Si tu ne fais rien c’est moi qui vais placer ce gosse, il est intenable je n’en peux plus. »
Une vie réduite à l’essentiel et à la survie
Avant sa séquestration, le garçon vivait avec une sœur et une belle-sœur au domicile familial. Sa dernière douche remontait à l’été 2024. Il disposait d’un baluchon de vêtements, mais devait uriner dans des bouteilles vides. Son père vidait les déchets régulièrement, mais ne lavait plus ses vêtements vers la fin. Il lui apportait à manger deux fois par jour, « de l’eau chaude en hiver, de l’eau froide en été », selon les révélations du procureur.
Les aveux du père et les suites judiciaires
Le père, âgé de 43 ans, a été mis en examen et a reconnu les faits. Il a déclaré avoir agi pour « protéger son fils de sa belle-mère », tout en cachant la situation à sa compagne. L’affaire, révélée par le procureur vendredi, continue d’être instruite, tandis que la victime reste hospitalisée, marquée par cette expérience traumatisante.



