Disparition inquiétante près de Nantes : la piste du féminicide privilégiée par le parquet
Disparition près de Nantes : piste du féminicide privilégiée

Une disparition qui mobilise les forces de l'ordre

C'est avec un simple « c'est grave » que les forces de l'ordre ont accueilli les voisins de la Ferme du Chêne-Creux, le samedi 4 avril, lorsqu'elles ont débarqué en masse dans ce hameau de Saint-Étienne-de-Montluc, situé à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Nantes, en Loire-Atlantique. L'inquiétude était palpable après que des proches de Manon Relandeau, une jeune femme de 31 ans, aient signalé sa disparition, sans nouvelles depuis plusieurs jours.

La situation a été jugée immédiatement préoccupante, d'autant que Karim, le compagnon de Manon, âgé de 41 ans, ne répondait plus aux appels. En réalité, dès le jeudi 2 avril, l'homme avait pris un vol pour l'Algérie, emmenant avec lui la fille du couple, âgée de seulement 15 mois.

Une opération de grande envergure

Les voisins de la ferme, acquise par Manon en décembre 2023 pour y développer une pension hippique et un élevage de bovins, décrivent une intervention massive. « Il y avait au moins 8 ou 9 voitures de gendarmes », racontent-ils. Les forces de l'ordre ont fouillé minutieusement les lieux, y compris les dépendances, et les 65 hectares de l'exploitation ont été placés sous scellés pendant tout le week-end de Pâques.

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Un hélicoptère a survolé la zone à basse altitude, comme l'ont constaté plusieurs riverains, et les images des caméras de vidéosurveillance d'un restaurant routier voisin ont été examinées. Malgré ces efforts, aucune piste concluante n'a émergé dans un premier temps.

Des recherches ciblées et une famille discrète

Les investigations se sont rapidement concentrées à quatre kilomètres des boxes de chevaux, où le couple s'était installé « il y a 3 ou 4 mois » dans un pavillon loué à des propriétaires partis aux États-Unis. Des chiens pisteurs ont été déployés et une opération de porte-à-porte a été menée dans la rue.

Les militaires sont restés en surveillance toute la nuit du samedi au dimanche devant ce pavillon, où de la lumière était visible à l'intérieur. La présence intrigante d'« une femme âgée », possiblement une parente, a été notée ; elle aurait ensuite été placée en maison de retraite, mais son identité reste floue.

La famille vivait dans une discrétion absolue, « en vase clos avec deux chiens et un chat », selon Cindy, une voisine. Elle se souvient avoir une fois entendu Karim s'exprimer « avec un langage disons agressif » à travers la clôture opaque. « Ils ne donnaient pas l'impression de vouloir s'intégrer », ajoute Philippe, un autre habitant du quartier.

Un témoignage crucial et une fuite précipitée

Danielle, une habitante vivant juste en face, a été témoin d'une scène furtive mais intrigante le jeudi 2 avril en début d'après-midi. « Je l'ai vu arriver avec une grosse voiture noire, une sorte de SUV que je voyais pour la première fois », relate-t-elle. « Il est entré en marche arrière, ce qui m'a étonné car il ne faisait jamais comme ça. Il a reculé jusqu'au garage, est sorti puis est reparti précipitamment. »

Selon la chronologie établie, Karim se serait ensuite rendu à l'aéroport de Nantes pour prendre un vol vers l'Algérie avec sa fille. Depuis là-bas, il a « contacté plusieurs personnes par téléphone », selon le procureur de la République de Nantes, Antoine Leroy, sans que la nature de ces échanges ne soit dévoilée.

Le profil du suspect et l'hypothèse du féminicide

Qui est Karim ? « C'est mon nouveau copain », avait présenté Manon à l'ancien propriétaire de sa ferme, Christian, il y a trois ans et demi. Si Christian admire le courage de Manon, « une nima, comme on dit, non issue du milieu agricole », il est plus nuancé sur Karim : « Il n'était pas méchant, mais il ne faisait pas grand-chose ! »

Lucien, un retraité, évoque avec tristesse « une femme épanouie et sympathique », parlant d'elle au passé comme si l'issue dramatique ne faisait aucun doute. Ce pessimisme est partagé par le parquet de Nantes, qui privilégie « l'hypothèse d'un meurtre de la jeune femme », comme l'a confié Antoine Leroy aux confrères d'Ici Loire-Océan.

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Les investigations se poursuivent désormais sous l'autorité d'un juge d'instruction, saisi le 7 avril, pour meurtre (féminicide présumé) et enlèvement concernant le bébé. La ferme reste sous scellés, et la communauté locale, sous le choc, attend des réponses dans cette affaire qui soulève de nombreuses questions.