Une dette de drogue de 500 euros tourne au drame à Mont-de-Marsan
Un homme de 24 ans, Théo Pobrezo, a été condamné à trente mois de prison ferme pour avoir porté deux coups de couteau lors d'une altercation liée à une dette de stupéfiants. Les faits remontent au vendredi 13 février 2026 en centre-ville de Mont-de-Marsan, et le jugement a été rendu ce mardi 21 avril 2026.
L'alcool ravive une vieille dette de cocaïne
Alors qu'il sortait chercher du pain, Théo Pobrezo, désinhibé par l'alcool, a croisé une connaissance associée au trafic de drogue. Cette rencontre lui a rappelé une dette de 500 euros datant de 2019 ou 2020. « En 2019 ou 2020, je l'avais présenté à des amis, vendeurs de cocaïne. Il les a volés pour 500 euros. Comme c'est moi qui avais fait le lien, j'étais redevable. C'est ma mère qui a payé. Avec l'alcool, ça m'a fait tout remonter », a-t-il expliqué devant le tribunal.
Pour récupérer cette somme, il est retourné chez lui, s'est emparé d'un couteau de cuisine et est parti retrouver l'homme dans la rue. « C'était pour me défendre. Il est plus fort que moi et il a l'habitude de se battre. J'ai donc pris un couteau que j'ai glissé dans mon pantalon », a-t-il justifié.
Une altercation qui dégénère en agression au couteau
Les retrouvailles ont rapidement tourné à la confrontation violente. Théo Pobrezo a porté le premier coup de poing, et les deux hommes sont tombés au sol, échangeant de nouveaux coups. La victime a trouvé refuge au Grand Café, place de la mairie, vers 20 heures, où elle a découvert du sang sur sa main.
« J'ai compris seulement à ce moment que j'avais été planté. J'ai soulevé mon t-shirt, j'ai vu l'entaille et la lame du couteau en tomber », a-t-il déclaré aux enquêteurs après avoir été opéré en urgence à Bayonne. Il souffrait de deux blessures à l'arme blanche, l'une au ventre et l'autre dans le dos.
Théo Pobrezo a admis avoir frappé au hasard avec le couteau. « J'ai tout jeté pour effacer mes traces, comme toute personne aurait fait ». La présidente de l'audience a répliqué : « Non, justement Monsieur. Tout le monde ne prend pas un couteau pour récupérer une dette ».
Un lourd casier judiciaire et une condamnation sévère
Le casier judiciaire de Théo Pobrezo révèle un parcours délinquant marqué :
- En 2022, neuf mois de prison pour complicité d'enlèvement et séquestration à Biscarrosse en octobre 2020.
- Plusieurs condamnations pour conduite sans permis et usage de stupéfiants.
- Fin 2025, un an de prison pour alcool au volant.
Lors du procès, l'avocat de la défense, Me Éric Trocchia, a plaidé pour « une peine mixte pour valoriser une réinsertion par le travail », tandis que le procureur a requis vingt-quatre mois de prison, soulignant que l'accusé avait agi « de manière lucide, avec beaucoup de sang-froid » malgré une interdiction de porter une arme.
Le tribunal a finalement condamné Théo Pobrezo à trente mois de prison, dépassant les réquisitions. Me Roman Atalaya, dans sa plaidoirie, a résumé : « Le prix de la vie de mon client est de 500 euros », tout en notant que l'accusé restait « très traumatisé » deux mois après les faits.



