Le parquet de Paris a annoncé ce vendredi le déferrement d'un homme soupçonné d'avoir administré la plateforme CFake, un site spécialisé dans la diffusion de deepfakes à caractère sexuel. L'affaire a débuté le 5 mai lorsque le département américain de la justice a transmis des informations au parquet de Paris concernant un site qui semblait être administré depuis la France. Les autorités américaines ont notamment remis aux enquêteurs le serveur de la plateforme, saisi aux États-Unis. L'enquête a ensuite été confiée à la section de recherches de Paris de la Gendarmerie nationale.
Des milliers de victimes et des millions de consultations
Selon les investigations, CFake, créé en 2007, hébergeait plus de 300 000 images et 7 000 vidéos manipulées par intelligence artificielle. Le site enregistrait environ 50 nouvelles publications par jour. Les enquêteurs estiment que près de 14 000 personnes, originaires de nombreux pays, ont été victimes de ces contenus diffusés sans leur consentement. La plateforme comptait également quelque 200 000 comptes utilisateurs et générait près de 4 millions de consultations mensuelles. Les revenus provenaient notamment de la publicité affichée sur le site.
Le suspect doit comparaître à Paris en juillet
L'administrateur présumé a été identifié comme étant un informaticien né en 1979 et domicilié à Nice, jusqu'alors inconnu des services judiciaires. Interpellé début juin, il a vu son matériel informatique saisi lors d'une perquisition. Les enquêteurs ont également saisi 34,7 en Ethereum - une cryptomonnaie –, soit l'équivalent de 48 521 euros, considérés comme le produit de l'activité illicite.
Le même jour que la fermeture judiciaire du site par les autorités américaines, le suspect a été présenté au parquet de Paris. Son placement en détention provisoire a été requis. Il devra comparaître le 7 juillet devant la 13e chambre du tribunal correctionnel de Paris pour administration d'une plateforme permettant des transactions illicites et complicité de diffusion de deepfakes sexuels.



