Crise du périscolaire : une enquête révèle des dérives systémiques
Le 26 mai prochain, un ancien animateur de l'école maternelle Alphonse-Baudin à Paris (XIe) comparaîtra devant le tribunal correctionnel de Paris pour répondre d'accusations d'agressions sexuelles sur mineurs et de harcèlement sexuel. Il est suspecté de s'en être pris à neuf enfants. Cette affaire, révélée en avril 2025, a été le point de départ d'un scandale d'une ampleur vertigineuse, touchant la capitale mais aussi d'autres régions : celui des animateurs périscolaires.
Notre consœur Victoire Haffreingue-Moulart, journaliste au Parisien-Aujourd'hui-en-France, a été parmi les premières à enquêter sur ce sujet encore largement sous les radars. Elle publie ce jeudi 21 mai, aux éditions Robert Laffont, un livre intitulé « Les Rois du silence », qui décortique ce qu'il est convenu d'appeler « le scandale du périscolaire ». L'ouvrage est à la fois édifiant et inquiétant.
Depuis les révélations de l'automne 2025, il ne se passe pas une semaine sans que de nouveaux soupçons émergent. La parole se libère progressivement, s'inscrivant dans une nouvelle déclinaison du mouvement #MeToo qui n'épargne aucune institution. Le livre met en lumière des dérives systémiques : manque de formation des animateurs, absence de contrôle, silence des hiérarchies et culture de l'omerta. Les témoignages de victimes, de parents et d'anciens animateurs décrivent un système où les abus ont pu prospérer en toute impunité.
L'enquête de Victoire Haffreingue-Moulart ne se limite pas à Paris. Elle explore d'autres villes où des cas similaires ont été signalés, révélant une crise nationale du secteur périscolaire. Les familles, longtemps ignorées, commencent à organiser des manifestations pour réclamer davantage de moyens et de formation pour les animateurs, comme celle du 16 décembre 2025 à Paris.
Ce livre arrive à un moment crucial, alors que la justice et les pouvoirs publics sont sous pression pour agir. Il pose des questions essentielles sur la protection de l'enfance et la responsabilité des institutions.



