Le tribunal correctionnel de Nîmes a condamné ce lundi 22 juin un père de famille de 24 ans à 24 mois de prison, dont six mois ferme aménageables sous bracelet électronique, pour des appels malveillants et des menaces de mort proférées à l'encontre de son ex-compagne. Le prévenu, déjà condamné pour des faits similaires, a reconnu avoir agi sous le coup de la colère après que la mère de son fils lui a refusé le droit de voir l'enfant.
Des appels incessants et des menaces
Entre le 15 mars et le 1er juin, le jeune homme a passé 489 appels injurieux à son ex-compagne, parfois près d'une centaine en une seule journée. Il lui a également adressé de nombreuses insultes et menaces de mort, dont une sous condition. La victime a subi un stress post-traumatique, selon les experts médico-légaux, et s'est vu délivrer six jours d'incapacité totale de travail (ITT).
Un conflit parental exacerbé
Lors de l'audience, le prévenu a expliqué avoir mal réagi au refus de son ex-compagne de le laisser voir leur fils. "On s'était mis d'accord que je pouvais voir mon fils quand je voulais, et je payais la pension alimentaire, mais à chaque fois que je demandais, elle me disait non", a-t-il déclaré. Il a tenté de se rapprocher du juge aux affaires familiales, mais dans l'attente, il n'a pas su gérer le manque de son enfant.
La présidente du tribunal, Nadine Berthélémy-Dupuy, a souligné la virulence des propos tenus par le prévenu. "Après des examens médico-légaux, les experts parlent d'un état qui s'approche du stress post-traumatique", a-t-elle insisté.
Le parquet requiert une peine sévère
Le procureur Frédéric Kocher a requis une peine de 14 mois de prison dont sept avec sursis probatoire, avec maintien en détention pour la partie ferme. Il a souligné la récidive du prévenu, déjà condamné par le tribunal de Béziers pour des faits identiques. "Ça ne lui a visiblement pas servi de leçon", a-t-il constaté.
La défense, assurée par Me Grégory Lorion, a demandé un aménagement de peine, rappelant que son client n'avait jusqu'à présent écopé que de peines d'amende. "Le fait de ne pas voir son enfant, en tant que parent, c'est très compliqué. C'est une douleur indicible", a plaidé l'avocat.
La décision du tribunal
Après délibéré, le tribunal a accepté la requalification des faits en appels malveillants en récidive. La peine de 24 mois de prison dont six mois ferme sera assortie d'un sursis probatoire de deux ans, avec obligations de travailler, d'indemniser la victime à hauteur de 800 euros pour le préjudice moral, et d'une interdiction de contact avec elle et de paraître à son domicile.



