Le tribunal correctionnel de Draguignan a condamné un quadragénaire à deux ans d'emprisonnement ferme pour des violences commises avec un nunchaku et un couteau, ainsi que pour port d'arme illégal. L'homme, qui se fait appeler « Lucifer », avait agressé sans raison apparente un frère et une sœur dans la nuit du 11 juin à Tourves (Var). Son maintien en détention a été ordonné à l'issue de l'audience.
Une agression nocturne digne d'un film d'horreur
Les faits se sont déroulés vers 0h40, rue du 14-Juillet à Tourves. Jonathan et Laura (prénoms modifiés) rentraient d'une soirée en quad lorsqu'ils ont vu un homme vêtu de noir, le visage masqué, s'approcher d'eux. Selon le récit des victimes, David R. a d'abord fait mine de jeter un objet dans leur direction, puis a poussé les passagers du quad. Jonathan a riposté en échangeant des coups, et l'agresseur a tenté de fuir avant d'être rattrapé et maintenu jusqu'à l'arrivée des gendarmes. Lors de la fouille, les victimes ont découvert un nunchaku et un couteau sur lui.
À la barre, le prévenu a contesté cette version : « Cela ne s'est pas passé comme ça. J'étais parti au château m'exercer au nunchaku. Masqué, oui, ça m'arrive. En redescendant, je les ai croisés. J'écoutais de la musique, la rue est étroite, j'ai pas fait attention qu'ils ne passaient pas. Ils m'ont dit que j'étais louche, et après, c'est le noir total. J'ai dû perdre connaissance. »
Des violences antérieures sur son fils mineur
David R. était également jugé pour des violences commises un an plus tôt sur son fils adolescent. Le jeune homme a raconté à l'audience : « Il m'a réveillé vers 1 heure du matin en me jetant une chaussure dessus puis m'a demandé de lui trouver son couteau. Je ne le trouvais pas, alors il m'a pris par la nuque et m'a jeté au sol. Il m'a ensuite menacé avec un couteau de cuisine. » Selon le récit, David a ensuite pris un katana et proposé à son fils un « un contre un ». L'adolescent a réussi à mettre l'arme hors de portée et à fuir le domicile en portant son petit frère.
L'ex-femme du prévenu a témoigné : « Il a besoin de soins. Il lui arrivait de nous demander de nous agenouiller pour demander pardon à Lucifer… » David R., qui arbore un large tatouage sur la joue gauche, a nié ces faits, affirmant faire face à un « ado rebelle ». Son avocat, Me Hamdi Ben Ali, a plaidé : « J'ai des doutes sur le déroulement de ces deux faits. Concernant son fils, il affirme qu'il faisait face à un ado rebelle. Il s'agit d'un problème éducatif et d'une situation qui lui a échappé. »
Condamnation et retrait de l'autorité parentale
Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet en condamnant David R. à deux ans d'emprisonnement ferme. Il a également ordonné le retrait de l'exercice de l'autorité parentale. À l'énoncé du verdict, le prévenu a déclaré : « Je suis vraiment désolé de ne pas avoir été un père exemplaire », tentant sans succès d'accrocher le regard de son fils. Selon l'expert psychiatrique, David R. n'est atteint d'aucun trouble mental.



