Relance d'une enquête pour trois disparitions mystérieuses
La gendarmerie de La Réunion a décidé de relancer un appel à témoins concernant trois jeunes femmes disparues sur l'île dans les années 1980 et 1990. Ces trois affaires non élucidées sont désormais sous l'égide du pôle national des crimes sériels ou non élucidés (PCSNE), également connu sous le nom de pôle cold case, du tribunal judiciaire de Nanterre, comme le rapporte Ouest-France. Certains éléments laissent penser que ces disparitions pourraient être liées.
Marie-Françoise Bomel, première disparition en 1984
La première disparition remonte au 20 mars 1984. Ce jour-là, Marie-Françoise Bomel, âgée de 21 ans, s'est volatilisée à Saint-Paul, en tout début de matinée. La jeune femme se rendait à pied à la gare routière, comme chaque jour, pour prendre son bus en direction de Saint-Denis. Elle n'avait aucune raison de disparaître sans donner de nouvelles à sa famille.
Une ancienne amie de Marie-Françoise Bomel confie à Réunion 1ère : « Je pense à elle souvent. Sa sœur est toujours très affectée, ça lui ferait vraiment chaud au cœur que l'enquête reprenne son cours, il n'y a jamais eu d'explication, rien. Là on a regain d'espoir, pas de la retrouver mais de savoir s'il y a un coupable, savoir ce qu'il s'est réellement passé. »
Nadia Hoarau, disparue en 1986
Deux ans plus tard, c'est Nadia Hoarau qui disparaît entre son domicile de La Saline et la discothèque de l'Ermitage-les-Bains, où elle travaillait comme serveuse. Cette jeune femme de 24 ans faisait généralement de l'autostop et a été vue pour la dernière fois vers 18 heures, le 27 juin 1986. Son frère avait indiqué à Réunion 1ère en 2016 que la famille de Nadia avait volé en éclats après les faits : « Un enfant qui disparaît, on ne peut jamais en faire le deuil. »
Michèle Maillot, évaporée en 1993
Enfin, les gendarmes tentent de trouver de nouveaux éléments concernant Michèle Maillot, 27 ans, qui s'est évaporée dans la nature le 21 avril 1993. Elle n'a plus donné signe de vie après avoir quitté le domicile de sa sœur, à Saint-Leu, sans emporter aucun effet personnel.
Des années d'attente pour les familles
À l'époque de ces disparitions, des recherches avaient été effectuées mais les dossiers avaient été rapidement classés. Il aura fallu attendre de nombreuses années et plusieurs démarches pour que la justice se saisisse de nouveau de ces cas. Me Corinne Herrmann, avocate spécialisée dans les affaires criminelles et les disparitions, déplore auprès de Ouest-France : « À La Réunion, le délai pour avoir des réponses et obtenir un transfert à Nanterre a été très long. Cela a pris des mois et des mois. C'est toujours la même question : comment une femme peut disparaître dans notre pays sans que la justice se mobilise entièrement ? »
Appel à témoins et espoir de vérité
Dans leur appel à témoins, les gendarmes précisent que des fouilles géologiques ont été effectuées, sans donner plus de précisions sur leurs résultats. On ignore à ce stade ce qui a poussé les autorités à réunir ces trois affaires. « Peut-être avez-vous connu l'une de ces femmes ? Peut-être avez-vous été témoin d'un fait, d'un détail, ou détenez-vous une information, même minime ? », écrivent les gendarmes. « Chaque souvenir, chaque indice peut faire avancer la vérité », assurent les militaires.
Les autorités invitent les internautes à partager largement l'appel à témoins diffusé sur les réseaux sociaux. Les personnes qui détiendraient des éléments peuvent contacter la Section de recherches de Saint-Denis par téléphone au +262 6 92 46 29 45 ou par courriel à l'adresse indiquée.



