À quelques semaines de quitter ses fonctions le 21 juillet, la défenseure des droits Claire Hédon a tiré le bilan de six années à la tête de l'autorité administrative indépendante, lors d'une conférence de presse tenue ce jeudi 25 juin 2026. Nommée en 2020 en pleine pandémie de Covid-19, elle a souhaité alerter sur ce qu'elle perçoit comme des reculs préoccupants de l'État de droit en France.
Une explosion des réclamations individuelles
Depuis son arrivée, les réclamations individuelles reçues par la défenseure des droits ont augmenté de 70 %. Selon Claire Hédon, « l'accès au droit s'est fragilisé ». Le nombre de saisines devrait passer de 100 000 en 2020 à 200 000 en 2026. Ces réclamations concernent notamment des difficultés d'accès aux services publics, des discriminations, ou encore des contrôles au faciès.
Des atteintes aux droits des personnes vulnérables
« Les crises frappent toujours plus durement les personnes vulnérables. Et la vulnérabilité crée de possibles atteintes aux droits », a déclaré Claire Hédon. Elle a souligné que les inégalités se creusent et que les droits fondamentaux sont menacés, en particulier pour les populations les plus fragiles. La défenseure des droits a également pointé du doigt les défaillances des services publics, qui contribuent à aggraver ces situations.
Un appel à préserver l'État de droit
Dans son discours de bilan, Claire Hédon a lancé un appel solennel à préserver l'État de droit, qu'elle estime fragilisé par des réformes récentes et des pratiques administratives. Elle a insisté sur la nécessité de garantir l'accès à la justice et aux droits pour tous, sans distinction. « Nous devons rester vigilants face aux reculs qui peuvent sembler anodins mais qui, accumulés, érodent nos libertés », a-t-elle averti.
Un départ après six années marquées par les crises
Claire Hédon a été nommée en 2020, en pleine crise sanitaire. Son mandat a été marqué par plusieurs crises majeures, notamment la pandémie de Covid-19, les tensions sociales, et les débats sur la sécurité et les libertés publiques. Elle a estimé que ces crises ont exacerbé les vulnérabilités et mis à l'épreuve les mécanismes de protection des droits. Son successeur devra faire face à ces défis persistants.



