Une panne électrique en pleine canicule
À Chanteloup-les-Vignes (Yvelines), plusieurs centaines de foyers ont été privés d'électricité pendant quatre jours, du 26 au 30 juin 2025, en pleine canicule. Les températures dépassaient les 35°C, rendant la situation insoutenable pour les résidents, notamment les personnes âgées et les familles avec enfants.
La panne, survenue dans le quartier des Bouleaux, a touché environ 500 logements. Les habitants décrivent des nuits sans ventilation, des réfrigérateurs hors service et une impossibilité de recharger les téléphones. « On se sent abandonnés », témoigne Fatima, une mère de famille de 42 ans. « Nous avons appelé Enedis plusieurs fois, mais personne n'est venu avant le quatrième jour. »
La colère monte contre Enedis
Les résidents dénoncent le manque de communication et de réactivité du gestionnaire du réseau électrique. Selon eux, les numéros d'urgence étaient saturés et les informations données contradictoires. « On nous disait que le courant allait revenir dans l'heure, puis rien », explique Karim, un habitant de 35 ans. « C'est inacceptable, surtout avec cette chaleur. »
La mairie de Chanteloup-les-Vignes a tenté de coordonner une réponse, distribuant de l'eau et ouvrant une salle rafraîchie. Mais les moyens étaient limités. « Nous avons fait ce que nous pouvions avec nos ressources, mais sans électricité, on ne peut pas grand-chose », déplore le maire, Pierre Cardo.
Un précédent inquiétant
Ce n'est pas la première fois que le quartier subit une panne prolongée. En 2023, une coupure de trois jours avait déjà suscité la colère. Les habitants pointent du doigt un réseau vieillissant et un manque d'investissement. « C'est toujours les mêmes quartiers qui trinquent », s'insurge Fatima.
Enedis, contacté par Libération, explique que la panne était due à un câble souterrain défectueux, rendu difficilement accessible en raison des travaux de voirie en cours. « Nous avons mobilisé des équipes renforcées, mais la réparation a nécessité des interventions complexes », indique un porte-parole. L'entreprise promet une enquête interne et des mesures pour éviter que cela ne se reproduise.
Des conséquences sanitaires et économiques
Au-delà de la colère, les conséquences sont lourdes. Plusieurs personnes âgées ont dû être hospitalisées pour déshydratation. « Ma mère de 78 ans a fait un malaise. Si l'électricité était revenue plus tôt, elle aurait pu rester chez elle », confie Ahmed, un autre résident. Les commerces locaux, déjà fragiles, ont perdu des stocks de denrées périssables.
Une habitante, commerçante de 50 ans, estime ses pertes à 2 000 euros. « Mon réfrigérateur a lâché, j'ai dû jeter toute ma marchandise. Et Enedis ne veut rien rembourser », dénonce-t-elle. L'entreprise précise que les indemnisations sont étudiées au cas par cas, mais qu'elles ne couvrent pas les pertes indirectes.
Une action en justice envisagée
Face à l'ampleur du problème, un collectif d'habitants envisage de porter plainte contre Enedis pour mise en danger de la vie d'autrui. « On ne peut pas laisser passer ça. Il faut que cela serve de leçon », déclare Karim. La mairie, de son côté, a saisi la préfecture et demande une réunion d'urgence avec le préfet et les responsables d'Enedis.
Le gestionnaire du réseau assure qu'un plan de modernisation du réseau est en cours dans le quartier, avec un investissement de 5 millions d'euros sur trois ans. Mais pour les habitants, c'est trop tard. « On veut des actes, pas des promesses », conclut Fatima.



