Condamné en première instance en octobre 2025 à trente années de réclusion criminelle pour le meurtre de son épouse Delphine, Cédric Jubillar a opéré un revirement spectaculaire. Deux mois avant son procès devant la cour d’assises d’appel de Toulouse, il a reconnu son implication dans la disparition de sa femme, selon une lettre adressée à son avocat Pierre Debuisson et consultée par La Dépêche du Midi. Ce changement de position, après cinq ans de détention, modifie radicalement la donne judiciaire.
Un aveu qui bouleverse le calendrier judiciaire
Dans sa lettre, Cédric Jubillar ébauche un récit du déroulement de la soirée fatale, sans livrer tous les détails. Pour Jacques Dallest, ancien magistrat instructeur et ancien procureur de Marseille, interrogé par 20 Minutes, « ces révélations vont sans aucun doute déboucher sur une demande de supplément d’information, vraisemblablement confiée à un juge d’instruction ». Ce dernier devra d’abord entendre le prévenu sur sa version des faits, puis vérifier ces nouvelles informations.
La recherche du corps de Delphine Jubillar
L’enjeu principal reste la localisation du corps de Delphine Jubillar. « Il y aura un transport sur les lieux indiqués par le prévenu, puis l’exhumation du corps », précise Jacques Dallest, auteur de Sur les chemins du crime (Mareuil Editions, 2025). Une autopsie sera diligentée dans la foulée. « L’état de conservation du corps dépendra de la façon dont le prévenu s’en est débarrassé. S’il l’a enterré, déposé ou jeté dans un trou », estime le magistrat.
Un procès en appel repoussé au printemps 2027
Pour Jacques Dallest, il est impossible que le procès en appel se tienne dans les délais prévus. « Le temps de mener les nouvelles investigations et au vu des sessions des assises de Toulouse qui sont déjà pleines, je n’imagine pas que Cédric Jubillar soit jugé en appel avant le printemps prochain, au mieux », prévient-il. En conséquence, le procès pourrait être reporté à 2027.
Une stratégie de défense classique
Selon cet ancien magistrat expérimenté, ces aveux entre deux procès relèvent d’une stratégie de défense classique. « Selon moi, il va plaider les coups mortels et contester l’intention homicide parce qu’il sait que l’autopsie ne donnera rien, déclare Jacques Dallest. Si cette qualification était retenue, cela ferait tomber à vingt ans maximum la peine maximale encourue. » Dans ce cas, la période de sûreté n’est que des deux tiers. En ôtant les sept ans que Cédric Jubillar aura déjà purgés s’il était jugé au printemps 2027, il pourrait demander une remise en liberté en 2033.



