Cédric Jubillar : aveux dans l'affaire du bassin minier de Carmaux
Cédric Jubillar : aveux dans l'affaire de Carmaux

Le 28 juin 2025, Cédric Jubillar a finalement avoué avoir tué sa femme Delphine, disparue depuis décembre 2020 dans l'ancien bassin minier de Carmaux (Tarn). Après quatre ans de dénégations, cet homme de 38 ans a livré une version détaillée des faits aux enquêteurs de la section de recherches de Toulouse, selon une source proche du dossier.

Des aveux après des années de silence

Jubillar a expliqué qu'une dispute violente avait éclaté le soir du 15 décembre 2020, alors que le couple était seul dans leur pavillon de Cagnac-les-Mines. Il aurait frappé Delphine à la tête avec un objet contondant, provoquant sa mort. Il aurait ensuite dissimulé le corps dans un lieu qu'il n'a pas encore révélé précisément, évoquant une zone boisée à proximité de la commune. Les enquêteurs ont mené des fouilles intensives dans le secteur, sans résultat pour l'instant.

Ces aveux surviennent après des mois de pression psychologique et de confrontations avec les preuves médico-légales. Les analyses ADN et les traces de sang retrouvées dans le véhicule de Jubillar avaient déjà renforcé les soupçons. Selon Me Jean-Baptiste Alary, avocat de la famille de Delphine Jubillar, « ces déclarations sont un soulagement pour les proches, mais il faut rester prudent : la vérité judiciaire doit être établie par des éléments matériels, pas seulement par des paroles ».

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Un contexte familial et social tendu

L'affaire avait bouleversé la communauté de Carmaux, une région marquée par la désindustrialisation. Delphine, infirmière de 33 ans, était mère de deux enfants. Son mari, peintre en bâtiment, était décrit comme jaloux et possessif par son entourage. Les premières investigations avaient révélé des tensions conjugales, mais Jubillar avait toujours nié toute implication.

En 2023, une reconstitution avait été organisée, sans résultat probant. Les enquêteurs avaient alors multiplié les auditions et les perquisitions, jusqu'à obtenir ces aveux. « Il a craqué après avoir été confronté à des témoignages accablants et à des incohérences dans ses alibis », indique une source judiciaire.

Des questions persistent

Malgré ces aveux, plusieurs zones d'ombre demeurent. Le corps de Delphine n'a toujours pas été retrouvé, ce qui complique la qualification des faits. Les avocats de Jubillar, Mes Franck Zientara et Alexandre Martin, ont indiqué que leur client « souhaite coopérer pour permettre à la justice de faire son travail ». Ils n'ont pas exclu une possible manipulation ou des troubles psychologiques.

La procureure de la République d'Albi, Claire Chaplain, a confirmé que Jubillar était « mis en examen pour meurtre sur conjoint » et placé en détention provisoire. L'instruction se poursuit pour déterminer les circonstances exactes du décès et retrouver le corps. La prochaine audience est prévue dans trois mois.

Pour les habitants de Carmaux, cette affaire reste une blessure ouverte. « On espère que la vérité éclatera enfin, mais on a peur que ce ne soit que le début d'un nouveau calvaire », confie une voisine, sous couvert d'anonymat.

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