Aveyron : l'étrange noyade de Marie-Thérèse, entre suicide, accident ou assassinat
Aveyron : noyade mystérieuse, sœur écrouée pour assassinat

Une scène macabre dans un champ inondé de l'Aveyron

Le 17 janvier 2026, dans le petit village de Saint-Symphorien-de-Thénières, aux confins de l'Aveyron et du Cantal, un couple d'agriculteurs découvre une vision cauchemardesque. Allongée sur le ventre, inanimée dans quelques centimètres d'eau, une femme gît au milieu d'un champ récemment inondé. À ses côtés, sa sœur, Monique, 54 ans, alterne entre immersion et ressortie de la tête sous l'eau, tout en criant des phrases incohérentes.

Une survivante en hypothermie et une morte mystérieuse

À l'arrivée des secours, les pompiers ne peuvent que constater le décès de Marie-Thérèse, 64 ans. Monique, restée longtemps dans l'eau glacée, est évacuée en état d'hypothermie par hélicoptère. Cette scène surréaliste, où la profondeur de l'eau n'excédait pas 30 centimètres, soulève immédiatement des questions : s'agit-il d'un accident, d'un suicide ou d'un assassinat ?

Monique clame son innocence devant la cour d'appel

Fin mars, Monique est arrêtée par les gendarmes et écrouée pour assassinat. Ce mardi 14 avril 2026, elle comparaît devant la cour d'appel de Montpellier, où elle implore sa remise en liberté. Les mains jointes en supplique, les yeux levés au ciel, elle déclare : "Je suis beaucoup trop malheureuse, je pleure tous les jours, je veux revenir avec mes frères, j'ai de l'amour pour mes frères, un profond amour, je veux revenir chez moi, merci, Madame, merci Madame."

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Une enquête qui accumule les suspicions

L'enquête révèle des éléments troublants. D'abord, le terrain est parfaitement plat avec une eau stagnante, excluant l'hypothèse d'un courant qui aurait emporté Marie-Thérèse. Ensuite, l'autopsie montre que la victime avait dans le sang "des doses toxiques" de ses médicaments habituels, prescrits pour des troubles psychiatriques suivis depuis une vingtaine d'années.

Le maire du village décrit les deux sœurs comme "deux personnes perdues, mentalement fragiles, une têtue, colérique, agressive, et l'autre calme et discrète". Il y a cinq ans, une enquête sociale avait été ouverte après des soupçons de violence de Monique sur Marie-Thérèse, mais aucune trace n'avait été établie.

Des versions contradictoires et des finances surprenantes

Monique a fourni plusieurs récits. Lors de sa cinquième audition, elle affirme que Marie-Thérèse s'est suicidée car elle ne voulait plus vivre avec sa maladie, et qu'elle a tenté de l'imiter sans succès. Cependant, le psychiatre qui l'a examinée note sa froideur en racontant les faits.

Autre point étrange : bien que vivant chichement du RSA et d'une allocation handicapée, les deux sœurs avaient chacune plus de 100 000 € sur leurs comptes bancaires. L'avocat général estime qu'il s'agit d'un "assassinat au sein de la cellule familiale à une personne très dépendante, dans l'incapacité de pouvoir décider de son sort".

La défense plaide la fragilité et l'innocence

L'avocat de Monique, Me Amine Farraj, rétorque : "C'est un personnage fragile, qui peut changer de version d'une minute à l'autre mais une chose n'a pas changé dans tous ses récits : elle n'a pas donné la mort à sa sœur." Monique ajoute : "Je ne suis pas dangereuse, je fais ce que je peux dans ma vie, j'ai toujours marché à pied, je ne bois pas, je ne fume pas, je ne fais pas de représailles du tout !"

La décision de la cour d'appel sur sa demande de libération est attendue ce jeudi. Cette affaire, mêlant drame familial, troubles mentaux et mystère financier, continue de diviser les experts et la justice.

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