La ministre déléguée à l'Égalité entre les femmes et les hommes, Aurore Bergé, a obtenu un non-lieu dans l'enquête préliminaire ouverte pour faux témoignage, a-t-on appris ce mercredi 2 juillet 2025. L'affaire concernait des déclarations de la ministre sur le secteur des crèches privées, qu'elle avait accusées de pratiques frauduleuses.
Une enquête ouverte après une plainte
L'enquête avait été ouverte en février 2024 par le parquet de Paris, suite à une plainte déposée par la Fédération française des entreprises de crèches (FFEC). La FFEC accusait Aurore Bergé d'avoir menti devant la commission d'enquête parlementaire sur les crèches, en affirmant que certaines structures privées facturaient des prestations non réalisées ou surfacturaient les collectivités.
Dans sa plainte, la fédération estimait que les propos de la ministre étaient "infondés" et "diffamatoires", et qu'ils avaient porté atteinte à la réputation du secteur. La FFEC réclamait notamment que soit reconnu un faux témoignage, passible de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende.
Les juges concluent à l'absence d'élément probant
Après plus d'un an d'investigations, les juges d'instruction ont rendu une ordonnance de non-lieu le 30 juin 2025. Selon une source proche du dossier, les magistrats ont estimé qu'aucun élément ne permettait de caractériser un faux témoignage. "Les déclarations de Mme Bergé étaient fondées sur des rapports et des témoignages, et ne constituaient pas un mensonge délibéré", a précisé cette source.
L'avocat de la ministre, Me Jean-Pierre Mignard, a salué une décision "logique et attendue". Il a déclaré : "Cette ordonnance met fin à une procédure qui n'aurait jamais dû voir le jour. Ma cliente a toujours agi dans l'intérêt général, en dénonçant des pratiques qu'elle estimait contraires à l'éthique."
La FFEC envisage de faire appel
De son côté, la FFEC a exprimé sa déception et a annoncé son intention de faire appel de cette décision. Son président, Jean-Philippe Pichon, a affirmé : "Nous maintenons que les propos de la ministre étaient mensongers et ont causé un préjudice considérable aux crèches privées. Nous allons poursuivre notre combat judiciaire."
L'affaire avait suscité un vif débat politique, l'opposition accusant Aurore Bergé d'avoir instrumentalisé la commission d'enquête pour nuire à un secteur concurrent des crèches publiques. La ministre avait toujours nié ces accusations, affirmant qu'elle avait simplement relayé des informations issues de contrôles de l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS).
Un non-lieu qui clôt une procédure controversée
Le non-lieu intervient alors que la commission d'enquête parlementaire avait rendu son rapport en juin 2024, pointant des "dérives" dans le secteur des crèches privées, mais sans preuves de fraudes massives. Aurore Bergé avait été entendue comme témoin, et ses déclarations avaient été contestées par plusieurs dirigeants de crèches.
Pour la ministre, ce non-lieu est une victoire judiciaire qui lui permet de tourner la page. Elle a déclaré sur les réseaux sociaux : "La justice a parlé. Je n'ai jamais menti. Je continuerai à défendre la transparence et la qualité de l'accueil des enfants."
Cette affaire met en lumière les tensions persistantes entre le gouvernement et le secteur privé de la petite enfance, alors que le nombre de places en crèche reste insuffisant dans de nombreuses régions.



