L'affaire des soupçons d'anomalies financières dans la gestion des spectacles tauromachiques aux arènes de Nîmes a connu un nouveau rebondissement judiciaire ce mercredi 15 octobre. Me Guillaume Barnier, avocat des dirigeants des sociétés en charge de l'organisation des corridas, a plaidé devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Nîmes pour obtenir la restitution de 1,5 million d'euros saisis dans le cadre de l'enquête.
Les faits à l'origine de l'enquête
L'enquête, initiée par la justice nîmoise, porte sur des soupçons d'anomalies financières liées à l'organisation de corridas dans les arènes de Nîmes. Elle concerne à la fois des irrégularités fiscales présumées et des suspicions d'abus de biens sociaux. Le dossier a été ouvert après la publication d'un rapport de la Chambre régionale des comptes en mars 2025, qui a mis en lumière des aspects économiques et financiers contestables.
Les investigations ont été confiées au groupement interministériel de recherches du Gard (GIR), spécialisé dans les flux financiers. En juin 2025, Simon Casas, figure emblématique de la tauromachie nîmoise, avait été entendu au commissariat de Nîmes et placé en garde à vue, avant d'être relâché sans poursuites. Il avait alors affirmé sa sérénité, estimant que le débat portait principalement sur le taux de TVA applicable aux corridas équestres, contesté entre 5,5 % et 20 %.
La saisie de 1,5 million d'euros contestée
Dans le cadre de l'enquête préliminaire, le parquet de Nîmes a ordonné la saisie de 1,5 million d'euros sur les comptes de la société Casas and Co, somme qui correspondrait au montant des taxes non acquittées. Cette saisie a été validée par un juge des libertés et de la détention (JLD) du tribunal judiciaire de Nîmes. Cependant, avant que le dossier ne soit transféré à la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Marseille en septembre, Me Barnier a contesté cette décision en faisant appel.
Lors de l'audience du 15 octobre, la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Nîmes a examiné la demande de restitution. Me Barnier a plaidé pour la remise de la somme, arguant de l'innocence présumée de ses clients et des garanties offertes par les actionnaires. Il a décrit les débats comme "très sereins" et a exprimé son impatience quant au délibéré, dont la date n'a pas encore été fixée.
Les investigations se poursuivent à Marseille
Parallèlement, l'enquête se poursuit à la Jirs de Marseille, qui a confirmé être saisie des faits "notamment pour abus de biens sociaux et blanchiment". Les investigations visent à éclaircir les flux financiers entre les différentes sociétés gestionnaires de la délégation de service public des arènes de Nîmes. La défense maintient que les dirigeants n'ont rien à se reprocher et que les sommes saisies doivent être restituées.
L'affaire reste donc en suspens, dans l'attente de la décision de la chambre de l'instruction, qui pourrait intervenir dans les prochains jours ou semaines. Toute personne est présumée innocente tant que justice n'a pas été rendue définitivement.



