Le tribunal correctionnel de Grasse a condamné Kiyan L., un Antibois de 19 ans, à deux ans de prison pour une agression antisémite survenue le 23 mai 2026 à Juan-les-Pins. Le jeune homme, déjà sous surveillance pour radicalisation djihadiste, a été reconnu coupable de violences volontaires avec préméditation et injures à caractère antisémite.
Une agression nocturne près de la pinède Gould
Les faits se sont déroulés vers 1h30 du matin, à proximité de la pinède Gould à Juan-les-Pins. Après un appel au 17 signalant une rixe, la police municipale et la BAC ont interpellé Kiyan L. Sur place, deux jeunes hommes de confession juive, portant leur kippa, ont désigné le majeur comme leur agresseur.
À la barre, la victime a décrit une agression gratuite : « Il m’a donné deux coups de poing qui ont fait tomber mes lunettes et ma kippa. Il m’a dit : "Tu soutiens Israël", j’ai répondu qu’il mélangeait tout, puis il a frappé. » La présidente du tribunal, Mariel Dubreuil, a rappelé les injures proférées, rapportées par des témoins : « Sales juifs de merde, quand tu passes à côté de nous tu enlèves ta kippa. Vous n’êtes pas chez vous ici. »
Le prévenu a reconnu les coups mais nié les insultes, tentant de les attribuer à son groupe d’amis. Une version contredite par les témoignages et les éléments de l’enquête.
Un profil radicalisé sous haute surveillance
L’audience a révélé le profil inquiétant de Kiyan L. Il faisait l’objet d’une mesure MICAS (Mesure individuelle de contrôle et de surveillance) du ministère de l’Intérieur, en raison de sa participation à une chaîne de propagande djihadiste sur Telegram, du partage de vidéos d’exécutions et de son admiration pour le terrorisme islamiste. Des photos d’armes ont également été retrouvées dans son téléphone.
« C’est symptomatique de l’époque. On ne peut plus sortir d’un shabbat avec une kippa », a déploré Me David Rebibou, avocat de la victime et du CRIF Sud-Est. De son côté, la défense a mis en garde contre la « psychose », évoquant un dossier basé sur du « déclaratif contre du déclaratif ».
Une condamnation à deux ans de prison
Le tribunal a tranché : Kiyan L. a été condamné à deux ans de prison, dont un an avec sursis probatoire pendant deux ans. La partie ferme (un an) sera exécutée à domicile sous surveillance électronique (bracelet électronique). Il a l’obligation d’indemniser la victime et de suivre un stage de citoyenneté.
Cette affaire illustre la montée des actes antisémites en France et la vigilance accrue des autorités face à la radicalisation. Le parquet de Grasse a souligné la gravité des faits, commis en raison de la religion des victimes, et la nécessité d’une réponse pénale ferme.



