Alès : le tribunal fait preuve de clémence envers deux dealers
La justice a rendu un verdict surprenant jeudi 2 avril à Alès, dans le Gard. Deux hommes interpellés pour trafic de drogue ont échappé à l'incarcération malgré des réquisitions sévères du parquet. L'affaire concerne un point de deal notoire du quartier des Prés Saint-Jean, où les forces de l'ordre sont intervenues le 30 mars.
Une double interpellation sur un point de deal actif
Les deux prévenus ont été arrêtés en milieu d'après-midi rue Lavoisier, après une surveillance détaillée des policiers. Le premier est un Algérien de 22 ans sous obligation de quitter le territoire français, avec un casier judiciaire vierge. Le second, âgé de 46 ans et récidiviste, vit au Faubourg du Soleil et compte dix mentions à son casier.
Lors de l'interpellation, les forces de l'ordre ont saisi un sac contenant 92 grammes de shit, 4 grammes d'herbe de cannabis et 94 grammes de cocaïne. Le quadragénaire a nié avoir refusé de donner le code de déverrouillage de son smartphone, affirmant que le gérant du point de deal l'avait créé sans l'en informer.
Des réquisitions sévères du parquet
La substitut du procureur Cindy Fernandez a souligné la précision du procès-verbal de surveillance et la clarté des rôles établis. Elle a requis six mois de prison pour le plus jeune et huit mois pour son comparse, avec maintien en détention pour les deux. "Les rôles sont clairement établis", a-t-elle constaté.
La défense plaide la vulnérabilité
Me Camille Monestier, avocate de la défense, a présenté ses clients comme étant "en situation de grande vulnérabilité" pour l'un et "en grande précarité" mais "réinsérable" pour l'autre. Elle a plaidé pour un sursis probatoire renforcé plutôt que l'incarcération.
Un verdict clément du tribunal
Le tribunal a finalement exclu l'incarcération. Le jeune homme a écopé de six mois avec sursis simple, assortis d'une interdiction du territoire national durant cinq ans. Son comparse a reçu huit mois avec sursis probatoire et une interdiction de se rendre aux Prés Saint-Jean.
La présidente de l'audience, Fabienne Harbon-Camiliti, a motivé cette décision en déclarant : "Le tribunal a été particulièrement clément avec vous, Messieurs. Retenez que vous devez vous tenir correctement maintenant. La Justice vous regarde !"
Cette affaire illustre comment les tribunaux peuvent parfois privilégier des solutions alternatives à l'incarcération, notamment lorsque les prévenus présentent des situations de vulnérabilité sociale. La décision a été rendue en comparution immédiate, procédure accélérée permettant un jugement rapide après l'interpellation.



