Un ressortissant marocain de 28 ans a été jugé ce vendredi 22 mai 2026 par le tribunal judiciaire de Mont-de-Marsan pour des violences commises en détention. Il a écopé d'une peine de trois ans d'emprisonnement ferme, assortie d'une interdiction définitive du territoire français.
Des violences sur un détenu en octobre 2025
Les faits les plus anciens remontent à octobre 2025. Alors incarcéré à la maison d'arrêt de Bayonne, le prévenu avait été transféré à la prison de Pémégnan, à Mont-de-Marsan. C'est là qu'il a croisé un autre détenu, qu'il connaissait déjà. Sans raison apparente, il s'est jeté sur lui, lui assénant des coups de pied et des coups de poing. La victime, qui souffre d'un handicap à la jambe gauche, a présenté de nombreux hématomes et un visage tuméfié. À l'audience, elle a déclaré : « Je ne pensais pas que j'allais le recroiser ici. En prison, tout peut arriver, n'importe qui peut se faire frapper. »
La victime, d'origine maghrébine, s'exprime en français, ce que le prévenu n'a pas apprécié. Il lui a reproché de « dénigrer les Maghrébins » et de produire des « sons de chèvre » à la fenêtre de sa cellule.
Des agressions sur des surveillants en mars 2026
Le 5 mars 2026, deux surveillants pénitentiaires apportent le repas dans la cellule du prévenu. Sans avertissement, celui-ci assène un coup de poing à l'un d'eux. Le surveillant, sonné, reprend ses esprits quelques secondes plus tard et voit son collègue maîtriser le détenu qui se débat violemment. Peu après, le prévenu s'en prend à un autre surveillant en le mordant à l'avant-bras. À l'audience, il a justifié son geste en affirmant que les surveillants l'avaient insulté, ce que ces derniers ont contesté.
Un parcours migratoire flou
Lors de l'audience, le ressortissant marocain, sans avocat, s'est exprimé en anglais, affirmant ne pas parler français. Un traducteur a permis la communication avec le président du tribunal. Son parcours migratoire est resté flou : il aurait vécu en Suède et perdu toute sa famille au Maroc. « Ils sont tous morts, mon père, mes frères, mon beau-frère », a-t-il déclaré.
Une expertise psychiatrique a conclu à l'absence d'altération ou d'abolition du discernement, sans certitude absolue. Le prévenu avait déjà été condamné par le tribunal correctionnel de Bayonne à un an et sept mois de prison pour outrages, menaces de mort et violences sur personnes dépositaires de l'autorité publique, ainsi qu'à une interdiction du territoire français de sept ans.
Une interdiction définitive du territoire
Le tribunal judiciaire de Mont-de-Marsan a prononcé une interdiction définitive du territoire français à l'encontre du prévenu. Il a également été condamné à six mois supplémentaires pour avoir refusé de se soumettre à un prélèvement biologique destiné à établir son empreinte génétique. L'audience sur les intérêts civils a été renvoyée au lundi 7 décembre 2026.



