Une enquête judiciaire lancée après des violences dans le Vieux-Nice
Le parquet de Nice a officiellement ouvert une enquête d'initiative pour des faits de « violences en réunion et participation à un groupement en vue de la commission de violences ». Cette décision intervient après les événements survenus ce lundi soir dans le quartier historique de Nice, où des militants de la CGT spectacle auraient été attaqués par des individus cagoulés.
Le contexte : un rassemblement antifasciste après l'élection d'Éric Ciotti
Les faits se sont produits en marge d'un rassemblement organisé par la CGT spectacle sur la place Saint-François, au lendemain de l'élection d'Éric Ciotti (UDR) à la mairie de Nice. Jonathan Gensburger, l'un des responsables de la CGT spectacle, a expliqué que cette manifestation visait à exprimer « notre tristesse et notre colère » face à la victoire du candidat d'extrême droite.
Le récit détaillé des violences
Marc, un témoin dont le prénom a été modifié pour préserver son anonymat, a raconté les événements. « J'étais avec un ami, nous avons bu quelques verres vers le port. En rentrant, nous sommes passés par la place Saint-François. J'ai un peu vanné Ciotti, en rigolant », explique-t-il. Peu après, vers 19 heures, il affirme avoir été pris à partie par des jeunes cagoulés qu'il identifie comme des identitaires.
« Ils nous ont sauté dessus. Ils m'ont attaqué en premier, ont fait une balayette à mon copain, ils nous ont roués de coups, avec des coups de pied à la tête. Nous étions en boule au sol », témoigne Marc. Il précise avoir subi des contusions aux chevilles, à la tête et au dos, mais n'a pas consulté de médecin et n'a pas déposé plainte, tout comme son ami.
Une autre agression signalée et des réactions politiques
Une autre agression a été signalée peu après sur l'avenue Jean-Jaurès, où des individus cagoulés ont jeté des chaises sur l'entrée d'un fast-food Subway. Une vidéo, bien que confuse, montre la scène et des insultes proférées. La police municipale est intervenue, faisant fuir les assaillants sans procéder à des interpellations.
La CGT spectacle a vivement réagi dans un communiqué, s'interrogeant sur l'absence d'interpellation et demandant pourquoi le nouveau maire Éric Ciotti n'a pas condamné ces actes. Olivier Salerno, référent LFI dans les Alpes-Maritimes, a également dénoncé les faits sur les réseaux sociaux.
Les interrogations sur les auteurs et la suite judiciaire
Des noms ont circulé sur internet, pointant du doigt des membres du mouvement identitaire local Aquila Popularis et un étudiant en journalisme, mais sans preuves formelles. Le Front populaire étudiant a affirmé que des « camarades » ont été menacés, insultés puis violemment attaqués par un groupe fasciste.
D'un point de vue judiciaire, l'affaire en est à ses débuts. Damien Martinelli, procureur de la République de Nice, a confirmé qu'aucune interpellation n'a eu lieu à ce stade. Sans dépôt de plainte, les enquêteurs disposent de peu d'éléments, mais l'exploitation des images de vidéosurveillance pourrait permettre d'éclaircir les faits et d'identifier les responsables.
\nLes autorités restent prudentes, rappelant l'importance de la présomption d'innocence, tandis que la classe politique est appelée à se positionner face à ces événements qui secouent la ville de Nice.



