Le Thau Kite Club (TKC) a choisi la voie de la diplomatie pour faire entendre sa voix lors de la fête du nautisme à Frontignan, ce samedi 6 juin. Au port de plaisance, une vingtaine d'adhérents se sont rassemblés pour informer le public sur la probable interdiction de l'étang d'Ingril aux sports de glisse, dont le kitesurf. Delphine Termignon, présidente du TKC, a précisé que leur objectif n'était pas de perturber les festivités, mais de rappeler leur appartenance au monde nautique et de répondre de manière non agressive aux éventuelles provocations.
Une mobilisation pacifique
Après une manifestation le 30 mai devant l'étang d'Ingril, le club a opté pour une présence discrète afin de ne pas gêner la fête. Un passant leur a suggéré de "tout casser pour obtenir quelque chose", mais la présidente a refusé cette approche. Les membres se sont dispersés pour porter leur message : non à la fermeture de l'étang d'Ingril à la navigation libre. Un arrêté imminent devrait pourtant interdire les sports de glisse, comme le kitesurf, tout en épargnant des activités plus calmes comme le paddle.
Solidarité et inquiétudes
Sur les stands, les réactions sont variées. Suzy, de l'association Les gréements languedociens, déplore les conflits récurrents avec les pêcheurs et appelle au partage de l'étang. François Fuentes, guide moniteur de Pêche Méditerranée, craint un précédent : si les véliplanchistes sont interdits, d'autres pourraient suivre. Les plongeurs des Aresquiers subaquatiques affichent leur soutien au TKC, tandis que les pratiquants de parachute ascensionnel et de jet ski rappellent leur appartenance commune au nautisme.
Thierry, adhérent du TKC, souligne que le windsurf est pratiqué depuis cinquante ans sur l'étang et que le kitesurf n'utilise le plan d'eau qu'une centaine de jours par an, en moyenne. Il s'étonne de cette interdiction alors que l'étang a toujours été partagé. Jean-Louis Molto, maire adjoint délégué au port de plaisance, reconnaît qu'il y a de la place pour tous, mais insiste sur la nécessité d'éviter les oppositions et la récupération politique. La présidente du TKC réaffirme l'apolitisme du club, ce que l'élu relativise.
Aurélien Faure, président de la SNSM, met en garde contre les risques si les kitesurfeurs sont contraints de se déplacer en mer : des interventions de sauvetage supplémentaires pourraient être nécessaires, alors que l'étang offre une navigation sécurisée depuis des années. Il rappelle que la SNSM ne dispose que d'un seul bateau pour 14 bénévoles, ce qui rend la situation potentiellement critique.



