Violente agression au couteau dans un bus de Pau : trois jeunes interpellés
Agression au couteau dans un bus de Pau : trois jeunes arrêtés

Violente agression au couteau dans un bus de la ligne F à Pau

Lundi 6 avril, un jeune Palois a été victime d'une agression d'une extrême violence dans un bus du réseau de l'agglomération de Pau, sur la ligne F. Trois individus, dont un mineur, lui ont porté plusieurs coups de couteau, causant des blessures sérieuses nécessitant une intervention médicale urgente.

Un récit glaçant de l'agression

Antoine, dont le prénom a été modifié, raconte avec précision les événements qui se sont déroulés entre les arrêts Tourasse-cité administrative et Leclerc. « Ça a dû durer deux minutes à peine », précise-t-il. Les agresseurs, deux jeunes majeurs d'à peine 18 ans et un mineur, étaient connus de la victime en raison d'un passif existant entre leurs groupes respectifs.

La situation a rapidement dégénéré lorsque le mineur, visiblement sous l'emprise de l'alcool, a commencé à provoquer Antoine. « Il m'a dit : pourquoi tu fais le malin ? Il a commencé à chauffer les esprits pour rien », se souvient la victime. Inquiet, Antoine a sorti son téléphone pour appeler son frère, ce qui a déclenché l'escalade.

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« Au moment où je l'ai pris, le mineur a sorti un couteau en me menaçant », témoigne-t-il. Les trois garçons ont alors tenté de le faire descendre du bus, mais Antoine a refusé, comptant sur la présence des caméras et des autres passagers. « Personne ne m'a aidé », déplore-t-il amèrement.

Des blessures graves et une absence d'assistance

Le mineur a porté un premier coup de couteau, repoussé par un coup de pied d'Antoine. L'un des jeunes majeurs a ensuite sorti une lame et a asséné deux coups à la victime sur le côté de la jambe. « Au moment du deuxième coup, ma jambe est revenue vers moi et ça a tout coupé, j'ai eu un gros trou. Le sang a commencé à sortir », décrit Antoine.

Malgré ces blessures, les assaillants ont continué à tenter de porter des coups au niveau de la tête, de la gorge et des jambes avant de s'enfuir à l'arrêt devant Leclerc. « Je commençais à perdre conscience, je crois que j'ai perdu trop de sang », raconte Antoine, qui a finalement été aidé par une passagère pour appeler son frère.

Arrivé rapidement sur les lieux, le frère d'Antoine l'a conduit au Centre hospitalier de Pau. La victime souligne l'absence totale d'aide de la part du chauffeur du bus. « Il n'est même pas venu prendre de mes nouvelles, je me sentais seul au monde », confie-t-il.

Conséquences médicales et judiciaires

Antoine a subi une section du tendon rotulien, l'empêchant désormais de plier la jambe. Trente jours d'incapacité totale de travail lui ont été prescrits. « J'espère que je ne garderai pas de séquelles de l'agression », exprime-t-il avec inquiétude.

Les trois agresseurs ont été rapidement interpellés par les forces de l'ordre. Initialement prévue en comparution immédiate jeudi 9 avril, l'audience a été reportée au 18 mai en raison de l'impossibilité pour l'un des prévenus d'obtenir un avocat, suite à un mouvement de grève.

Les deux jeunes majeurs sont actuellement placés en détention provisoire à la maison d'arrêt de Pau. Leur attitude lors de l'audience, marquée par quelques sourires brefs probablement nerveux, a été vivement critiquée par la vice-procureure de la République de Pau, Marie Gicquaud.

Une réaction judiciaire ferme

« Ces jeunes majeurs ne se rendent pas compte de la gravité de ce qu'ils ont commis. Les faits sont d'une extrême violence et les conséquences auraient pu être dramatiques », a tonné la vice-procureure. Elle a insisté sur le contexte d'altercation entre bandes et de représailles, soulignant que « on ne parle pas de bêtises mais d'infractions pénales passibles de sept ans de prison ».

Marie Gicquaud a également mis en garde contre le risque de dégénérescence en homicide, « ce dont nous n'étions pas très loin dans ce cas ». Elle a demandé et obtenu le maintien en détention des auteurs présumés, notamment pour protéger la victime et garantir leur représentation future, estimant que « l'enjeu pénal est majeur ».

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Cette affaire met en lumière les tensions entre groupes de jeunes à Pau et soulève des questions sur la sécurité dans les transports en commun, ainsi que sur la responsabilité des témoins face à des actes de violence.