Un rapport d'inspection interne, dont Libération a eu connaissance, pointe un cumul de pertes de temps et une absence de suivi dans la procédure judiciaire concernant la mort de la petite Lyhanna, survenue en 2022. Ce document accablant met en lumière les dysfonctionnements graves au sein des services de police et de la justice.
Des délais non respectés et des négligences
Selon le rapport, plusieurs étapes clés de l'enquête ont été retardées, parfois de plusieurs semaines. Par exemple, les auditions de témoins essentiels n'ont été réalisées que plusieurs mois après les faits. De plus, des éléments de preuve n'ont pas été exploités en temps utile, ce qui a pu compromettre l'avancée de l'enquête.
Le document souligne également une absence de coordination entre les différents services impliqués. Les échanges d'informations ont été insuffisants, ce qui a entraîné des redondances et des pertes de temps. « Il y a eu un manque de réactivité et de rigueur dans le traitement de cette affaire », a déclaré une source proche de l'enquête.
Un suivi défaillant
Le rapport pointe surtout une absence de suivi systématique des procédures. Les supérieurs hiérarchiques n'ont pas veillé à ce que les délais soient respectés, et les agents chargés de l'enquête n'ont pas été suffisamment encadrés. « On a laissé traîner les choses, sans véritable contrôle », a confié un enquêteur sous couvert d'anonymat.
Cette situation a conduit à des pertes de temps cumulées estimées à plusieurs semaines, voire mois. Selon les données du rapport, le délai total de traitement de l'affaire a été allongé d'environ 40 % par rapport à une procédure normale. Ce constat est d'autant plus préoccupant que l'affaire Lyhanna a suscité une vive émotion dans l'opinion publique.
Des conséquences sur l'enquête
Ces dysfonctionnements ont eu un impact direct sur l'enquête. Certaines pistes n'ont pas été explorées à temps, et des preuves ont pu être perdues ou altérées. Le rapport note que « l'absence de réactivité a nui à l'efficacité de l'enquête et a pu compromettre l'identification des responsables ».
Les familles des victimes et les associations de défense des droits de l'enfant ont exprimé leur indignation. « C'est une double peine pour la famille de Lyhanna. Non seulement ils ont perdu leur enfant, mais en plus ils doivent faire face à l'incompétence de la justice », a déploré le porte-parole d'une association.
Des recommandations pour l'avenir
Le rapport formule plusieurs recommandations pour éviter que de tels dysfonctionnements ne se reproduisent. Il préconise notamment la mise en place d'un système de suivi informatisé des procédures, la formation des agents à la gestion des délais, et un renforcement du contrôle hiérarchique.
La direction de la police judiciaire a indiqué qu'elle allait étudier ces recommandations et prendre les mesures nécessaires. « Nous sommes conscients des lacunes révélées par ce rapport et nous mettrons tout en œuvre pour y remédier », a déclaré un porte-parole.



