Un Girondin de 27 ans a été condamné mardi 12 mai 2026 par le tribunal de Mont-de-Marsan pour un accident mortel survenu le 28 juin 2023 à Parentis-en-Born. Le jeune homme, qui rentrait d'une journée de pêche avec un ami, s'est assoupi au volant, provoquant une collision en chaîne.
Les faits : un drame évitable
Ce jour-là, vers 17 h 30, le prévenu circulait sur la route entre Biscarrosse et Parentis-en-Born. Il a soudainement dévié sur la gauche, percutant l'arrière d'une ambulance avant de heurter de face une voiture arrivant en sens inverse. À bord de ce véhicule se trouvaient une femme de 70 ans et son petit-fils de 14 ans, qu'elle accompagnait chez l'orthophoniste. Malgré un massage cardiaque, la septuagénaire est décédée sur place. L'adolescent a subi des brûlures et de multiples fractures : poignets, cheville, orteils et une vertèbre qui a failli le laisser paralysé. Son incapacité totale de travail a été estimée à 100 jours, avec des séquelles fonctionnelles et esthétiques à vie.
Pas d'alcool, pas de stupéfiants, mais une fatigue soudaine
L'enquête a écarté toute cause extérieure : pas d'alcool, pas de drogue, pas de téléphone, pas de vitesse excessive, ni de malaise. Le conducteur, titulaire du permis depuis 2019 sans aucune infraction, a déclaré : « Je me souviens avoir mis la musique et le GPS. Puis on a pris la route. Je me sentais fatigué mais pas au point de m'endormir si soudainement. » Il a expliqué avoir été réveillé par les cris de son ami après le premier impact, sans aucun souvenir des événements.
Des victimes d'une dignité exemplaire
À l'audience, le mari de la défunte et le père de l'adolescent blessé ont fait preuve d'une clémence remarquable. Le mari a déclaré : « Ce qui lui est arrivé peut nous arriver à tous. Je demande à la cour d'appliquer son jugement avec bienveillance. Il a toute la vie devant lui. Il ne doit pas se traîner ces remords toute sa vie. » Après son témoignage, il s'est approché du prévenu et lui a serré la main, un geste de pardon. Le père du garçon a ajouté : « S'il y avait eu de l'alcool ou de la drogue, j'aurais été intransigeant. Mais là, c'est un accident. Je ne l'accepte pas mais je le comprends. »
La décision du tribunal
Le ministère public a salué « l'humanité, la leçon de vie et de bienveillance » des deux hommes. Le tribunal a condamné le Girondin à 18 mois de prison avec sursis simple, comme requis. Il conserve son permis de conduire pour continuer à travailler. Le prévenu, rongé par les remords, a indiqué avoir définitivement arrêté la pêche et avoir peur de reprendre le volant. « Encore aujourd'hui, je ne vois pas la route de la même manière », a-t-il confié.



