Faits divers : un « illuminé » et une sexologue « en traumatisme », les profils inquiétants de la mère et du beau-père des enfants abandonnés au Portugal
Les profils de la mère et du beau-père des deux petits garçons de 3 et 5 ans, retrouvés seuls, abandonnés, sur une route au Portugal, ce mardi, interrogent. Le couple a été interpellé ce jeudi en fin de journée à la terrasse d’un café.
Ils étaient traqués par toutes les polices du Portugal. C’est finalement attablés à la terrasse d’un café de la petite ville de Fátima, à 200 km de Monte Novo do Sul où ils sont soupçonnés d’avoir abandonné Thomas et Baptiste (les prénoms ont été changés) que Marine R., la mère, et Marc B., le beau-père, ont été interpellés, ce jeudi soir. Deux jours après que les deux petits garçons de 3 et 5 ans ont été retrouvés seuls sur le bord de la nationale 253, reliant Comporta, une très chic station balnéaire prisée par les Français, à Alcácer do Sal, dans le sud du Portugal. Cette femme de 41 ans et son compagnon de 55 ans ont été dénoncés par le patron du café, selon nos informations.
Quinze jours plus tôt, Marine R., qui habite à Colmar en Alsace, s’était évaporée avec ses deux enfants, sans donner d’explications, avant de prendre la route avec son compagnon Marc B., direction le Portugal. Le 11 mai, le père des deux enfants, dont elle était séparée, avait signalé leur disparition.
Une sexologue spécialisée « en traumatismes »
Née en 1984, cette mère de famille totalement inconnue des services de police et de justice selon nos informations, est diplômée en psychomotricité de l’université Pierre et Marie Curie de Paris depuis 2008. Après avoir exercé à Troyes pendant une dizaine d’années, elle s’est formée en sexologie à l’université Paris Diderot entre 2019 et 2022, d’après son profil professionnel LinkedIn, consulté par Le Parisien.
En août 2025, celle qui est devenue mère de deux enfants entre-temps, quitte Troyes avec sa famille pour s’installer à Colmar. Marine R. avait obtenu la garde de Thomas et Baptiste après sa séparation avec leur père, qui disposait « d’un droit de visite limité et supervisé », a indiqué le tribunal de Setubal en charge de l’enquête.
La sexologue, « spécialisée en pratiques corporelles, dynamique développementale et soins spécifiques des traumatismes », propose des consultations en France, en Allemagne, en Belgique, en Suisse, mais également par visioconférence. « J’aide les femmes et les hommes à s’épanouir sexuellement. À ton rythme, même si tu es traumatisé.e », écrit Marine R. sur LinkedIn. Sur son compte Facebook, Marine R. n’a publié aucune photographie de ses enfants, mais elle fait régulièrement la promotion de son activité, expliquant notamment aider les femmes dans leur sexualité après un « stress traumatique lié à un accouchement, un viol, une agression, une humiliation, une douleur, des paroles blessantes, une discréditation de votre potentiel érotique et de votre féminité ».
La quadragénaire ne propose pas seulement de sexothérapie. Elle organise également des master class de « co-construction de la sexualité », destinés « aux parents, aux grands-parents, aux oncles et tantes, à chaque membre dans les familles, à toute personne qui aurait à cœur de transmettre quelque chose au sujet du sexuel, que ce soit aux enfants, aux adolescents ou aux jeunes, tout en respectant leur sensibilité et leur niveau de développement », explique-t-elle dans une vidéo.
Une condamnation pour harcèlement et violences conjugales
Impossible de savoir à ce stade à quelle époque et dans quelles circonstances Marine R. et Marc B. se sont rencontrés. L’homme, né en 1970, est lui originaire de Perpignan. Cet ancien adjudant de la gendarmerie a exercé dans les Pyrénées-Orientales pendant une quinzaine d’années avant de démissionner en 2010 et d’être radié en 2016, selon nos informations.
En 2010, Marc B. avait été jugé après une plainte déposée par son ex-compagne, la mère de sa fille née en 2008, avec qui il vivait à Perpignan, pour des faits de harcèlement et de violences conjugales, indique une source proche du dossier au Parisien. Il avait été condamné à neuf mois d’emprisonnement, avec un sursis probatoire de deux ans. À l’époque, son expertise psychologique avait décrit une « personne normale » et « sans pathologie », « sociable, amicale, responsable, réaliste et bien équilibrée, qui a une bonne confiance en soi ».
À la suite de cette condamnation et de la séparation du couple, la garde de la petite fille, âgée de deux ans à l’époque, avait été confiée à sa mère. Marc B., lui, s’était vu attribuer « un droit de visite est d’hébergement classique » par le juge aux affaires familiales. Dans les mois qui ont suivi, l’homme, âgé d’une quarantaine d’années à l’époque, a « connu une longue période dépressive qui l’a conduit à démissionner de ses fonctions » de gendarme, indique la même source.
En mars 2012, il avait déposé un signalement contre le nouveau compagnon de la mère de sa fille, affirmant que l’enfant était victime d’attouchements sexuels de sa part. Une procédure classée sans suite. À la suite d’un droit de visite et d’hébergement, il avait refusé de rendre la fillette à sa mère. Selon les informations du Parisien, elle avait dû être récupérée « à l’aide des gendarmes ».
Un profil complotiste
Sur son compte Facebook, l’ancien gendarme, qui indique avoir travaillé comme « esclave affranchi du Ministère de la défonse à Perpignan » entre 1994 et 2010, partage de nombreuses publications à tendance complotiste et antisémite, la plus récente datant du mois du 21 mars dernier. Marc B., décrit comme un « illuminé » par une source proche du dossier, affirme vouloir partager sur ses réseaux sociaux des « infos censurées par les GAFAM ».
Martelant que les pays sont gouvernés par des « satanistes, lucifériens, reptiliens » ou même des « clones dirigés par l’IA, comme Emmanuel Macron », l’ancien gendarme accuse plusieurs personnalités « d’inceste, de viols sur les enfants, d’actes de tortures et de barbaries sur les enfants ». Même chose pour les juges, les mêmes qui l’ont condamné en 2010, ces « magistrats maçonniques » au « service de la décadence et de l’injustice ». « Vous avez fait verser des larmes aux innocents, vous avez violé, torturé et bu le sang des enfants et protéger vos frères », écrit-il. Un réseau social sur lequel Marc B. s’en prend également à Israël, qui « a infiltré la franc-maçonnerie » et qui « a réécrit l’histoire de l’humanité au 17e Siècle », écrit-il dans une autre publication.
Il partage également de nombreuses publications complotistes au sujet de l’épidémie de coronavirus, appelant la population - « des moutons »- à se « réveiller » face à ces vaccins « mortels ». « Le monde est devenu un laboratoire géant de cobaye humains !!! », peut-on notamment lire dans les messages partagés par Marc B. qui affirme que le coronavirus est « le prétexte a la vaccination de masse et a l’écroulement économique ».



