Des actes de cruauté répétés dans une ferme pédagogique
Massoud S., un Afghan de 19 ans, a comparu ce lundi devant le tribunal d'Aix-en-Provence pour des atteintes sexuelles et des sévices graves commis sur six animaux, dont des chèvres et une agnelle, entre février et avril 2025. Les faits se sont déroulés au refuge et ferme pédagogique « Un moment », aux Pennes-Mirabeau, près de Marseille. Une chèvre est morte des suites des blessures.
Cassandra Sortino, propriétaire de la structure, a décrit un traumatisme profond : « On a monté cette association pour faire le bien, et les animaux ont été en danger dans notre propre structure. On ne peut pas l'expliquer moralement. On a l'impression d'avoir failli. »
Des preuves accablantes malgré les dénégations
Les premiers signes de maltraitance sont apparus en février, avec des traces de ligature sur les pattes des animaux et des blessures à la vulve, confirmées par un vétérinaire. Une caméra de surveillance a permis d'identifier un homme, et le prévenu a été interpellé en flagrant délit début avril, derrière une chèvre, portant des gants en latex et le pantalon baissé. Son ADN a été retrouvé sur les animaux, et son téléphone a borné à proximité de la ferme à plusieurs reprises.
Malgré ces preuves, Massoud S. a nié les faits, affirmant : « Je ne sais pas comment l'expliquer. » Il a justifié sa présence sur les lieux en expliquant avoir raté son train pour Marseille, où il réside dans un centre de demandeurs d'asile.
Un parcours marqué par la guerre et des troubles psychologiques
Arrivé en France en novembre 2025, Massoud S. dit avoir perdu sa famille dans un bombardement en Afghanistan. Il a indiqué suivre un traitement pour sa santé mentale, qu'il a qualifié de « très lourd ». Lors de l'expertise psychiatrique, le médecin a noté une absence de trouble mais une forme de reconnaissance partielle des faits : « On en fait toute une histoire alors que ce ne sont que des animaux », aurait déclaré le prévenu, ajoutant que ces actes évitaient de « violer une femme ». Devant le tribunal, il a peiné à se souvenir de ces propos et s'est défendu en affirmant : « Je suis quelqu'un de normal. »
Une condamnation lourde et des regrets
Après une délibération d'une heure, Massoud S. a été condamné à 30 mois d'emprisonnement avec maintien en détention pour des faits requalifiés en « sévice ayant entraîné la mort ». Il a également été condamné à une interdiction définitive du territoire français et à une inscription au fichier des auteurs d'infractions sexuelles et violentes (Fijaisv). Cassandra Sortino a exprimé son incompréhension face aux dénégations : « J'aurais aimé comprendre. » Elle envisage de faire appel.



