12 ans de prison pour viols et violences dans une famille polygame
12 ans de prison pour viols dans une famille polygame

Des caméras installées dans la maison familiale, une géolocalisation imposée et des violences décrites sur plusieurs années : la cour criminelle du Pas-de-Calais a condamné, jeudi, un homme de 45 ans à douze ans de prison pour viols et violences au sein de sa famille polygame. La juridiction a déclaré Jérôme P. coupable de l'ensemble des faits qui lui étaient reprochés.

Un suivi socio-judiciaire de cinq ans

La cour a également prononcé un suivi socio-judiciaire de cinq ans avec obligation de soins. En cas de non-respect, l'accusé encourt trois ans d'emprisonnement supplémentaires. L'avocate générale avait requis quatorze ans de réclusion criminelle, décrivant un « système » fondé sur le contrôle, la manipulation et la dissimulation exercés sur ses trois compagnes et ses quatre enfants, des caractéristiques « poussées à l'extrême » dans ce dossier.

Un sentiment de « toute puissance »

Lors du procès, l'accusé a reconnu des violences ponctuelles (fessées, gifles, réprimandes), tout en contestant les faits de viol. Son avocat, Me Sullyman Bouderba, a estimé que ces accusations étaient « contestées et contestables », évoquant un « récit effroyable » mais niant leur matérialité. L'accusé a également rejeté l'ensemble des poursuites en parlant d'un « complot » lors des débats.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Plusieurs éléments ont été évoqués au procès sur le fonctionnement du foyer. Selon l'accusation, les compagnes et les enfants étaient soumis à un contrôle coercitif, notamment via la géolocalisation des téléphones lorsqu'ils étaient hors du domicile, ainsi que l'installation de trois caméras de surveillance fonctionnant en continu. Un expert psychiatre a décrit Jérôme P. comme un homme animé par un sentiment de « toute-puissance », renvoyant la responsabilité des faits sur autrui.

Un homme aux « deux facettes »

Les témoignages ont également décrit un environnement familial marqué par des violences régulières. La fille aînée de l'accusé a évoqué un père aux « deux facettes », alternant entre protection et violences physiques, allant jusqu'à des coups ayant provoqué une perte de connaissance. Au-delà du seul accusé, le procès a mis en lumière le fonctionnement d'un groupe familial élargi. Plusieurs membres de la famille sont ou ont été impliqués dans d'autres procédures pour viols ou violences.

Une ex-compagne d'un frère de l'accusé a notamment décrit une « secte », tandis qu'un autre frère est décédé en détention provisoire en 2024 dans une affaire de viols incestueux et sur conjoint. Me Fabienne Roy-Nansion, avocate des parties civiles, a évoqué des femmes « survivantes » ayant toutes été confrontées, selon elle, à des violences en lien avec le clan familial.

La cour a enfin prononcé la déchéance de l'autorité parentale de Jérôme P. sur ses deux enfants mineurs, conformément aux réquisitions du ministère public.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale