Le tribunal correctionnel de Paris a condamné Hacène Larbi, alias « le H », à 12 ans de prison pour avoir recruté, depuis sa prison, un adolescent chargé d'une exécution à Marseille, qui a échoué. Le jeune homme de 24 ans représente « une dangerosité » en raison de « l'extrême gravité des faits », a détaillé la présidente, qui a déploré son « absence de prise de conscience » et de « culpabilité ». D'abord évoqués, ses « liens avec la DZ mafia ne (sont) pas avérés », a-t-elle précisé.
Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet qui s'était plus tôt inquiété d'une personnalité marquée « par un défaut total d'empathie ». L'un de ses complices, Blaise M., a été déclaré coupable « d'association de malfaiteurs en vue de commettre un crime en bande organisée ». Il a été condamné à une peine de 6 ans d'emprisonnement avec maintien en détention.
Lola D., 23 ans, accusée d'avoir acheminé une kalachnikov auprès de l'adolescent tueur, est condamnée à cinq ans de prison, mais n'effectuera qu'un an sous bracelet électronique en raison de sa détention provisoire. Le tribunal a pris en compte la réinsertion de cette secrétaire médicale depuis sa sortie de prison.
L'adolescent de 17 ans jugé en juin
L'adolescent de 17 ans, contacté via Snapchat par Hacène Larbi depuis sa cellule de la prison de Réau (Seine-et-Marne) pour abattre une « cible », doit être jugé en juin par le tribunal pour enfants. Surpris dans une impasse des quartiers nord par un passant qu'il a blessé à l'arme blanche, l'adolescent avait fui avant d'être dénoncé dans un appel anonyme aux policiers, passé depuis le téléphone qu'utilisait Hacène Larbi en détention.
Une violence qualifiée d'ubérisée
La procureure a dénoncé une violence « plus seulement organisée, mais ubérisée » : « il s'agit de faire tuer sans se salir les mains » avec de « jeunes précaires influençables » qui cherchent à recréer dans le réel « les codes de la violence ». L'affaire fait écho à un autre dossier dans lequel Hacène Larbi est mis en examen : le meurtre, le 4 octobre 2024, d'un chauffeur de VTC marseillais sans lien avec la criminalité, par un mineur de 15 ans.
« Je sais au fond de moi que je ne suis pas une mauvaise personne », a déclaré le « H », condamné à 19 reprises, dans ses dernières paroles à la barre. « On m'a toujours dénigré, rabaissé, toujours vu comme un enfant de la DDASS. » Lundi, Hacène Larbi avait brièvement retracé une jeunesse fracassée, dénuée de toute affection : placé bébé en foyer puis en familles d'accueil, séparé de son jumeau à douze ans, il est incarcéré dans un quartier pour mineurs dès 2017, première d'une longue série de détentions dans une vie ancrée dans la délinquance et la violence. Lors d'une rare période de liberté, il est victime en 2022 d'une séquestration accompagnée d'actes de torture, sur laquelle il ne s'étend pas. « Le cheminement de ma naissance jusqu'à présent » s'est fait « dans un environnement de violence », a-t-il expliqué dans ses dernières déclarations, affirmant avoir « un travail à faire ».



