Les douaniers français ont intensifié ces derniers mois leurs opérations de lutte contre le trafic illicite de biens culturels, réalisant plusieurs saisies d'envergure à Lille, Amiens, Bayonne, Béziers et Sète, a annoncé la douane dans un communiqué publié vendredi.
Des biens culturels iraniens interceptés à Lille
Le 13 avril dernier, quatre objets culturels iraniens, estimés à près de 137 000 euros, ont été interceptés par les douaniers de Lille-Lesquin lors du contrôle d'une exportation d'objets d'art à destination du Royaume-Uni. La valeur déclarée n'était que de 27 471 euros, ce qui a éveillé les soupçons. La Direction régionale des affaires culturelles (Drac) des Hauts-de-France a été sollicitée pour une expertise approfondie.
L'expertise a révélé que quatre des cinq objets contrôlés, à savoir deux fragments de monuments et deux pièces issues de fouilles archéologiques, étaient d'origine iranienne et appartenaient à la catégorie des biens culturels protégés. Ces objets, expédiés depuis les Pays-Bas par un transporteur spécialisé à destination d'un marchand d'antiquités britannique, ont été saisis.
Découverte de 402 objets archéologiques à Bayonne
En décembre dernier, suite à un renseignement fourni par la Drac de Bordeaux, les douaniers de Bayonne ont effectué une visite au domicile d'un individu soupçonné de pratiquer des fouilles illégales, en présence d'experts archéologiques. Ils y ont découvert 402 objets archéologiques, dont le détenteur ne pouvait justifier la possession légale. Parmi ces pièces figuraient cinq lingots en cuivre de l'Âge de Bronze, trois fers de lance, deux épées et un couteau de la protohistoire, ainsi qu'une boucle de ceinture de l'époque mérovingienne. Tous ces objets ont été saisis et confiés à la Drac.
Un collectionneur de l'Aisne épinglé à Amiens
Toujours en décembre, les douaniers d'Amiens ont contrôlé le domicile, le véhicule et le box de stockage d'un collectionneur de l'Aisne. Ils y ont découvert près de 330 articles, dont 136 vestiges en pierre issus de l'activité humaine et 196 monnaies ou fragments métalliques. Après expertise par des spécialistes du service régional de l'Archéologie, 280 de ces objets ont été identifiés comme des biens archéologiques dont la découverte n'avait jamais été déclarée. Parmi les pièces les plus remarquables figurent neuf bifaces paléolithiques, une hache polie en silex du Néolithique, 111 monnaies gallo-romaines et 26 pièces Napoléon III. Le collectionneur cherchait à revendre certaines de ses trouvailles sur internet après avoir fouillé sans autorisation plusieurs sites du département. Les 280 biens archéologiques ont été confisqués et seront prochainement remis à un service spécialisé pour leur conservation et leur valorisation auprès du grand public.
Près de 2 000 objets algériens saisis à Sète
À la suite d'un renseignement, les douaniers de Sète ont saisi près de 2 000 objets archéologiques préhistoriques, comprenant des outils en pierre, des fossiles, des fragments de céramiques et des monnaies antiques. Répartis en 118 lots, ces objets proviennent pour la plupart d'Algérie et étaient sur le point d'être mis en vente. Leur valeur est estimée entre 5 000 et 8 000 euros. Aucun document ne justifiait leur acquisition ni leur importation régulière. Les marchandises ont été saisies et confiées au Centre de Documentation Archéologique du Gard à Nîmes pour leur étude scientifique et leur valorisation patrimoniale.
Fossiles dissimulés dans un ferry en provenance du Maroc
Une autre saisie remarquable a été réalisée par les douaniers de Sète en novembre dernier lors d'un contrôle sur un ferry en provenance du Maroc. Dissimulée dans le fourgon d'un passager, une soixantaine de fossiles, ossements et minéraux ont été découverts, dont un squelette de poisson-scie, des ammonites et des trilobites. Ces objets sont susceptibles de provenir de sites de fouilles sauvages au Maroc, régulièrement pillés pour alimenter un trafic international, et peuvent atteindre plusieurs milliers d'euros à l'unité sur les marchés spécialisés.
En avril dernier, neuf objets ethnographiques ont également été saisis à Limoges et ont rejoint les collections du musée d'ethnographie de l'université de Bordeaux. En 2025, la douane a réalisé des saisies de biens culturels en hausse de 12 %, conduisant à l'interception de 25 070 articles, dont le sou d'or de Charlemagne, remis à la Bibliothèque nationale de France.



